Bénédictines de Sainte Bathilde

Sermon de Saint Bernard pour l’Assomption

samedi 14 août 2010

En montant aujourd’hui dans les cieux, la glorieuse Vierge a certainement porté à son comble la joie des citoyens du ciel.

Car elle n’est rien moins que celle dont la voix fit tressaillir de joie, dans les entrailles d’une mère qu’elle a saluée, l’enfant qui y était encore enfermé.
Si l’âme d’un enfant qui n’était pas encore né s’est fondue de bonheur à sa voix,
quelle ne dut pas être l’allégresse des esprits célestes quand ils eurent le bonheur d’entendre sa voix, de contempler son visage ?

Et même pour nous, mes frères bien-aimés,
quelle fête n’est point le jour de son Assomption,
quels motifs de joie et de bonheur n’y a-t-il point dans son Assomption ?

La présence de Marie éclaire le monde entier,
c’est au point que les cieux eux-mêmes brillent d’un plus vif éclat, à la lumière de cette lampe virginale.
C’est donc avec raison que les actions de grâce et les chants de gloire retentissent dans les cieux ;
mais nous, mes frères,
il semble que nous avons plus de motifs de gémir que d’applaudir !
En effet, ce monde inférieur ne doit-il pas proportionner son deuil, quand elle le quitte, à l’allégresse même que sa présence répand dans les cieux ?
Pourtant, trêve de plaintes chez nous,
car, après tout, nous n’avons point ici une cité permanente,
nous aspirons à celle où Marie fait aujourd’hui son entrée ;
si nous devons un jour en être citoyens,
il est juste que, même dans notre exil, et jusque sur les bords des fleuves de Babylone, nous l’ayons présente à la pensée,
nous participions à ses joies,
nous partagions son allégresse,
surtout celle qui remplit si bien aujourd’hui même, comme un torrent, cette cité de Dieu
que, même ici-bas, nous en recevons quelques gouttes qui tombent jusque sur la terre.

Notre Reine nous a précédés,
et le glorieux accueil qui lui est fait doit nous engager à suivre Notre Dame,
nous, ses humbles serviteurs, en nous écriant :
« Attirez-nous à votre suite, nous courrons dans l’odeur de vos parfums. »
Notre exil a envoyé en avant une avocate qui, en sa qualité de mère de notre Juge, de mère de la miséricorde, doit traiter en suppliante, mais en suppliante écoutée, l’affaire de notre salut.

Aujourd’hui notre terre a envoyé un précieux présent au ciel,
pour rapprocher, par cet heureux échange de présents d’amitié, les hommes de Dieu,
la terre des cieux,
notre bassesse de l’élévation suprême.
Un fruit sublime de la terre s’est élevé là d’où nous viennent tous dons excellents, tous dons parfaits,
et une fois montée dans les cieux, la bienheureuse Vierge comblera à son tour les hommes de ses dons.
Pourquoi n’en serait-il point ainsi ?
Car le pouvoir ne lui manquera pas plus que la volonté.
Elle est la Reine des cieux, et une Reine de miséricorde,
et de plus elle est la Mère du Fils unique de Dieu ;
est-il rien qui puisse nous faire concevoir une plus haute estime de son pouvoir et de sa bonté ?
A moins qu’on ne croie pas que le Fils de Dieu honore sa mère,
ou qu’on doute que les entrailles de Marie, où la charité même de Dieu a passé corporellement neuf mois entiers, se soient remplies de sentiments de charité.

(1° sermon de St Bernard pour l’Assomption de la Vierge Marie)

Prière :

(préface de l’Assomption)

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire,
de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu,
à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ, notre Seigneur.

Aujourd’hui la Vierge Marie, la Mère de Dieu, est élevée dans la gloire du ciel :
parfaite image de l’Église à venir,
aurore de l’Église triomphante,
elle guide et soutient l’espérance de ton peuple encore en chemin.

Tu as préservé de la dégradation du tombeau le corps qui avait porté ton propre Fils et mis au monde l’auteur de la vie.

C’est pourquoi, avec tous les anges du ciel, plein de joie nous chantons.

 
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