Bénédictines de Sainte Bathilde

AVENT

samedi 14 janvier 2017

Une voix crie :

Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur, dans la steppe, aplanissez une route pour notre Dieu !

Monte sur une haute montagne, toi qui apportes la bonne nouvelle à Sion ; élève et force la voix, toi qui apportes la bonne nouvelle à Jérusalem ; élève la voix, ne crains pas, dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu, voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance, et son bras assure sa souveraineté ; voici qu’il porte avec lui sa récompense, et son salaire devant lui. Tel un berger il fait paître son troupeau, de son bras il rassemble les agneaux, il les porte sur son sein, il conduit doucement les brebis qui allaitent. » (Isaïe 40)

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ATTENTION !

Eucharistie de Noël et du 1er Janvier : 11 h 30

Pour le détail des horaires, consulter la rubrique : Horaire de la Liturgie

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A V E N T

L’Avent (en latin, adventus), c’est la Venue ! Voilà qui change l’idée que nous avons parfois spontanément : un état passif, j’attends. Point. L’attente, puisque tel est le sens que l’on a traditionnellement fini par donner à l’Avent, n’est précisément pas cet état mi-résigné, mi-habitué, censé nous préparer à accueillir l’Enfant Jésus à Noël ! Elle est l’espérance, certaine d’être exaucée, car le Seigneur VIENT.

Un peu d’histoire

Noël (nouveau), Epiphanie (manifestation), Avent sont des synonymes…

Au IV°s, on commence à célébrer la venue du Seigneur parmi les hommes, en Occident le 25 décembre, en Orient le 6 janvier. Le choix de la date était dicté non par le souci de fêter un anniversaire (dont d’ailleurs on ignorait le jour !), mais par celui, théologique, de proclamer le Christ seul vrai Dieu. Les fêtes païennes célébrant le Soleil invaincu, lors du solstice d’hiver (à Rome le 25 décembre, en Égypte le 6 janvier), on leur opposa des fêtes chrétiennes qui, reprenant le symbolisme de la lumière, à partir des textes bibliques (notamment Malachie 3,20 ; Jean 8,12), chantaient la Manifestation de Dieu parmi les hommes.

Les deux fêtes, occidentale et orientale, bien qu’elles aient fondamentalement la même visée, ne se superposaient pas exactement. Rome intégrait plus nettement l’aspect ‘anniversaire’ de la naissance du Christ, alors qu’il semble que, dès l’origine, l’Orient (au moins certaines Eglises) commémorait plusieurs ‘manifestations’ du Seigneur : la Nativité avec l’adoration des Mages (plus originelle) et des bergers, le Baptême, les noces de Cana.

Les différences d’accent permirent l’échange de ces fêtes ; dès la fin du IV°s, en Orient comme en Occident, on se mit à célébrer l’Incarnation le 25 décembre et le 6 janvier, chacun modulant le contenu de ces fêtes selon son génie propre. C’est ainsi que l’Eglise latine a rattaché à l’« Epiphanie » la venue des Mages, signe de l’universalité du salut ; quant au Baptême du Christ, la dernière réforme liturgique l’a isolé, la fête en étant célébrée encore un autre jour.

L’AVENT

Adventus est l’équivalent du grec Parousia. Avant d’entrer dans le vocabulaire chrétien, ces termes, d’origine païenne, avaient une signification spécifique et s’employaient pour la venue annuelle de la divinité, visitant ses fidèles dans son temple, ou pour la visite officielle d’un personnage important.

La période préparatoire à Noël n’est pas originelle. Certes, dès le IV°s, il y a des traces en Gaule et en Espagne, d’un temps et de pratiques ascétiques avant les fêtes du 25 décembre, un peu dans l’esprit du Carême préparatoire à Pâques. Il faut attendre la 2° moitié du VI°s pour voir apparaître à Rome formulaires et lectionnaires propres à une période à laquelle on donna le nom même du mystère dont on célébrait l’attente : l’Avent devient alors peu à peu le terme technique désignant les semaines précédant Noël.

Les Orientaux qui, à leur tour, adoptèrent la pratique d’une préparation aux fêtes de la Nativité, lui ont donné une couleur nettement ascétique ; l’Avent, significativement appelé « Carême de Noël », débute le 15 novembre, ce qui lui donne une durée de 40 jours, comme un décalque de Pâques.

Cieux, répandez d’en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le Juste. (Is 45, 8 )

Dès le début, l’Avent, dans l’Eglise romaine, a une coloration particulière. Dans l’attente joyeuse de la fête de la Nativité, l’Avent oriente vers la venue glorieuse du Seigneur, à la fin des temps : cette venue définitive reçoit le nom, qui devient lui aussi usuel, de Parousie.

Celui qui vient !

L’Avent s’appuie sur la certitude que « le Seigneur vient » ! Il est venu dans la chair, habiter chez les hommes :

« Le Verbe s’est fait chair Il a dressé sa tente parmi nous » (Prologue de S. Jean).

Mais l’Ascension n’a pas constitué un départ – où serait-il allé, lui qui est partout présent ? Dieu-Emmanuel, que nous fêterons à Noël, n’a qu’une parole. Il est Dieu-avec-nous (ce que signifie le mot hébreu Emmanuel) pour toujours :

« Je suis avec vous tous les jours, Jusqu’à la fin, du monde. » Ce sont les dernières paroles de Jésus à ses apôtres, dans l’Evangile de S. Matthieu.

Avec l’Ascension s’inaugure non une absence, mais une présence sous un autre mode, et chaque année, l’Avent dans la double face de son mystère nous rappelle que Celui qui est déjà venu dans la chair, est encore Celui qui vient.

Entre parenthèses, ne manquons pas ce rappel que l’anamnèse nous donne à chaque Eucharistie ! Le prêtre : Proclamons le mystère de la foi ! Et l’assemblée répond : Gloire à Toi qui étais mort, Gloire à Toi qui es vivant, notre sauveur et notre Dieu. Viens Seigneur Jésus.

Il y a différents textes officiels, mais tous mentionnent cet appel à la venue du Christ, « déjà là », mais « pas encore » pleinement. N’aplatissons pas ce moment si dense, tendu vers la Parousie ! Oui, il nous faut encore appeler, et en criant vers Celui qui vient, nous aiguiserons notre désir – ce n’est pas important, ça ?!

La doxologie, prière parfaite pour l’Avent

Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit. Au Dieu qui est, qui était et qui vient maintenant et pour les siècles des siècles.

Celui qui est, qui était  : de toute éternité, mais aussi en nous qui sommes faits à son image et en qui le baptême a développé ce germe de ressemblance,

mais aussi celui qui vient  : la création gémit dans l’attente de la pleine révélation (Romains 8), et nous aussi, nous devrions consciemment gémir vers le Jour total, définitif. Cet aspect-là, nous l’oublions souvent.

Le Seigneur attend… notre attente, c’est-à-dire notre désir. L’Avent nous réveille ; la vigilance est un grand thème de ce temps. Il nous rappelle que si le Seigneur, bien sûr, est là, il est aussi celui qui est en train de venir, celui qui, depuis la Genèse, ne cesse de venir.

« Dieu se promenait à la brise du jour » (Gen 3,8). Il venait à la rencontre de l’homme et de la femme. Or, ils se sont cachés. Dieu ne se lasse pas… Il vient !

L’Esprit et l’Epouse disent : Viens ! Que celui qui écoute dise : Viens ! … Oh oui ! viens, Seigneur Jésus ! [Apocalypse 22, 17…20]

 
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