Bénédictines de Sainte Bathilde

Avec Sainte Cathérine de Sienne : demander la miséricorde ...

jeudi 4 février 2016

Comment le démon attire les âmes par l’apparence du bien ?

Fille très chère, je t’ai dit que les démons invitent les hommes à venir boire l’eau de mort, la seule qu’ils possèdent : ils les aveuglent avec les délices et les honneurs du monde, ils les prennent à l’hameçon du plaisir par une apparence de bien. Ils n’y pourraient réussir autrement : les hommes ne se laisseraient pas prendre, s’ils n’y trouvaient quelque plaisir ou quelque avantage personnel.

Il est vrai que l’homme, aveuglé par l’amour-propre, ne connaît pas, ne discerne pas quel est le vrai bien, celui qui est profitable tout à la fois à l’âme et au corps. Aussi le démon, dans sa malice, voyant cet homme aveuglé par l’amour égoïste et sensuel, lui met devant les yeux maints péchés à commettre aussi nombreux que variés, tous colorés de quelque avantage ou de quelque bien.
-  A chacun il les propose, suivant son état, selon les vices principaux auxquels il le voit le plus enclin.
-  Autre est le péché qu’il offre au séculier, autre celui qu’il présente au religieux.
-  Il tente autrement les prélats, autrement les seigneurs laïcs, se conformant ainsi à l’état de chacun

Tu sais qu’alors, je me montrais à toi sous la figure d’un arbre, dont tu ne voyais ni la racine, ni la cime. De lui, tu apercevais seulement que sa racine était unie à la terre : c’était la nature divine unie à la terre de votre humanité.

Le pied de l’arbre, s’il t’en souvient, était entouré d’une haie d’épines, dont s’écartaient tous ceux qui aiment leur propre sensualité, pour courir à un monceau de balle, qui représentait tous les plaisirs du monde. Cette balle avait les apparences d’un grain, mais elle était vide, et pour cela, comme tu l’as vu, beaucoup d’âmes y mouraient de faim.

Plusieurs, averties par là même des tromperies du monde, retournaient à l’arbre, et traversaient la haie d’épines, c’est-à-dire la délibération de la volonté. Cette délibération, avant qu’elle ne soit achevée, apparaît comme un buisson d’épines sur le chemin de la vérité : c’est une lutte continuelle entre la conscience d’un côté, la sensualité de l’autre.
-  Mais dès que, par haine et mépris de soi-même, l’on prend humblement sa résolution, et que l’on se dit : « je veux suivre le Christ crucifié », on traverse d’un élan cette haie, et l’on éprouve une douceur inestimable, plus ou moins grande, en vérité, selon les dispositions et la générosité de chacun…

 
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