Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Couvert de baisers !

dimanche 6 mars 2016

"Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers."

Accueil plutôt inattendu pour ce jeune fils au repentir quelque peu intéressé, après voir dilapidé l’héritage arraché à son père.

Les paraboles de Jésus ont cette saveur étonnante de nous rejoindre au cœur, aux entrailles. Ecoutons plutôt :

Ce père s’était vu contraint de partager de son vivant son héritage, pour laisser partir son plus jeune fils. Le temps passe, on imagine sans nouvelles et un jour, de loin, il l’aperçoit. Il l’attend donc ! Dans son cœur, une place est vide, l’absence creuse jusque dans le corps, jusqu’aux entrailles de la paternité, là où naît la miséricorde.

Le père court se jeter au cou de son fils : pas un mouvement de recul, de réflexion, de jugement, seules les entrailles parlent : "mon fils était mort, il est revenu à la vie !"

Et ce sont elles, les entrailles qui mettent en mouvement, qui font agir ! Il le couvrit de baisers : autre logique, celle de la parole qui circule, née du plus loin de l’être, de ce lieu d’engendrement reçu et transmis : "Dieu dit, cela est." "Toute paternité vient de Dieu"

Couvert de baisers, que peut donc comprendre le fils de retour ?
Qu’il est fils, que cet homme qui lui a donné un héritage perdu est son père ! Cela le domestique l’a bien compris : "c’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé."

Parfois, c’est un témoin qui dit une parole nécessaire, une parole de révélation, de retour à la vie, de renaissance, de repentir...

Où sommes-nous rejoints en ce jour ?
Laetare ! Joie ! Joie ! Chante la liturgie.
Joie que l’aîné, sur le seuil entendra-t-il ?
Pas facile d’être père, frères : aîné, plus jeune,
sans oublier la mère dont l’absence est révélatrice !

 
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