Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Démaîtrise !

mercredi 1er octobre 2014

En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » ...
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
...

Trois hommes rencontrent Jésus au point crucial de leur existence, à ce lieu du choix radical, qui est l’engagement à le suivre.

Trois rencontres et trois abandons :
- l’un se propose, semble prendre l’initiative, croire qu’il peut, compter sur ses moyens, s’appuyer sur son idéal, être maître de la situation. Jésus brouille l’image en répondant simplement comment il vit : il n’a pas d’endroit où reposer la tête.
A la fois, sans confort, il parcourt les routes comme on le voit dans les Evangiles, sans sécurité et sans repos.
La démaîtrise passe par là... l’homme disparaît !


- Le deuxième est appelé par Jésus, il ne maîtrise rien de l’appel. On attend une réponse heureuse, immédiate, disponible. Voilà que la vie du monde s’interpose et retarde la mise en route, jusqu’à l’empêcher.
L’homme disparaît, aspiré par l’humain en sa plus légitime puissance d’amour : enterrer son père.


- Le troisième se propose lui aussi en différant l’instant, impossible d’emboiter le pas à Jésus. Ses relations le retiennent, ce qui paraît bien raisonnable !
L’homme disparaît lui aussi, paralysé sur place par les liens relationnels apparemment justes.

Comment comprendre et mieux entrer dans cette démaîtrise à laquelle Jésus appelle ? "Mes pensées ne sont pas vos pensée" dit le Seigneur, "mes voies ne sont pas vos voies."
Le secret de la démaîtrise n’est-il pas justement là, à la croisée du coeur qui vibre plus qu’il ne réfléchit, qui écoute plus qu’il ne parle, qui est porté plus qu’il n’a l’initiative ? Qui se reçoit plus qu’il ne se détermine ?

Pour ne pas disparaître, peut-être suffit-il de s’accueillir créature, de se recevoir donné par Dieu, de se découvrir enfant de Dieu ?

Levons les yeux à l’horizon de l’invisible amour,
nos repères n’en deviendront que plus humains,
au-delà des apparences premières,
de ma maîtrise raisonnable à la folie de l’amour !



PS : Evangile de la Férie : Luc 9,57-62.

 
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