Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Ma chair, mon sang !

vendredi 15 avril 2016

La fin du discours sur le pain de vie nous oblige à une totale inversion, conversion : comment entendre ces mots ?

"Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi."


Question de vie, question de nourriture, question de relations.
Pain, vin, chair, sang, demeurer, vie, envoi, Père, je, manger, boire... tous ces mots ne vont pas ensemble, ne sont pas fait pour se conjuguer ensemble et pourtant ensemble, ils murmurent au plus profond du cœur, une attente, une espérance, une brèche.
Ces mots, porteurs de réalités très concrètes, semblent prendre corps, sens. Ils font brèche, au fur et à mesure de les remuer, de les murmurer, de les triturer, dans tous les sens.

Une petite lueur pascale trace le chemin : demeurer, demeurer en lui comme lui demeure en nous. Christ, notre vie, est vivant et demeure en nous, ne nous laissant jamais seul. Comment ?
Mystérieusement, par sa parole et par son corps, donnés à tous, livrés pour tous. Le Christ, Pain de la vie, par sa chair, par son sang que l’Eucharistie nous offrent, nous unit, nous nourrit, nous habite et nous donne réellement de demeurer en Lui et de communier entre nous !

Mystérieusement, oui, mais pas magiquement, encore moins ésotériquement ou mentalement, idéologiquement.
Mystérieusement, parce que ce Mystère de la vie ne vient pas de nous, mais d’un Autre, et que cet Autre a pris visage, un jour, celui du serviteur lavant les pieds de ses disciples, traversant les ravins de la mort et sortant du tombeau victorieux pour toujours !

Par ces mots donnés au jour le jour, laissons-nous traverser par sa vie ! Ces mots nous irriguent, nous lavent, nous inondent, pour jaillir à certains endroits de notre route, en source vivifiante, en puits !

Aujourd’hui, nous rencontrerons bien
quelqu’un qui nous indiquera un puits,
quelqu’un qui nous tendra de l’eau,
quelqu’un qui aura soif de notre eau,
quelqu’un assis sur la margelle...

 
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