Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Malheur sur malheur !

mardi 29 août 2017

Un anniversaire, une danse, une promesse insensée, et même un serment : malheur de serment, la tête du Précurseur, Jean-Baptiste tombe ! L’Église fait mémoire.
"La fille d’Hérodiade plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : ’Demande-moi tout ce que tu veux, et je te le donnerai.’ Et il fit ce serment : ’tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume."

Une danse qui éblouit, des convives à éblouir, et un serment éblouissant : même la moitié du royaume !

En roi, Hérode joue un personnage, et se laisse aveugler par son désir de plaire jusqu’à engager sa parole sans mesure, sans discernement, sans prudence. Il joue un personnage et finit par faire le diable. On connaît trop ce genre encore aujourd’hui. La suite n’est qu’enchaînement de malheurs que rien n’arrête.

Là s’infiltre le mal, le mal à l’état pur, le mal qui tue, le mal qui habite le cœur d’Hérodiade, mise à nue par le Précurseur. Il ne dénonce pas pour juger, mais pour appeler à la conversion. Il indique le mal, comme il montre la Lumière qui vient luire dans les ténèbres.

Le récit s’arrête brusquement, au cœur de l’horreur gratuite : on apporte la tête de Jean, sur un plat, et le corps est déposé par ses disciples dans un tombeau.

Stupeur et horreur dominent, le pas de danse conduit Jean à la mort et le mort au tombeau, grain jeté en terre avant le Maître pour crier dans les enfers que la vérité viendra à la lumière, que la Vie sera plus forte, que la victoire de l’Agneau sera danse de joie pour tous les hommes appelés à la conversion ! Le Ressuscité fait stopper au malheur, pour toujours par sa propre mort sur la Croix. C’est en la traversant.

Jean a été la voix qui annonçait la Bonne Nouvelle : "Voici l’Agneau de Dieu !"
Son sang chante la musique de Dieu. En son Fils bien aimé, Dieu nous comble de grâce : mystère de l’amour humble et gratuit.
Oserons-nous entrer dans cette danse-là au rythme de l’espérance, au tempo du réalisme de notre vie ? L’Église fait mémoire !

Un pas de danse, celle de l’Alliance,
au son du chant du rescapé :
"Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !" (ps 29)

 
© 2017 - Congrégation Sainte-Bathilde | Contact par email |  Mentions légales