Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Médaille de feu !

dimanche 14 août 2016

"Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !"

Jésus livre ses confidences comme un mourant ses dernières pensées, ses derniers mots : il arde d’attente !

Attente surprenante du Fils de Dieu : attente du feu, attente du baptême dans le sang, attente de l’accomplissement du dessein d’amour du Père qui est communion aux profondeurs de la mort engloutie par la vie ! Et nous sommes là en frères, en sœurs, pas en spectateurs, alors ces mots ne peuvent que nous heurter et nous diviser. "À qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelles !" dit Pierre quand beaucoup partent.

Feu et baptême, baptême de feu, feu du baptême, que Jésus désire ardemment comme passage vers l’autre rive, vers la venue du Royaume, vers le retour au Père. Le texte en grec suggère autre sentiment : "d’un baptême, en effet, j’ai à être baptisé, et combien je suis pressé jusqu’à ce qu’il soit accompli !"

Les disciples restent muets à l’accueil de ces confidences. Ils les reçoivent au creuset de cœurs encore encombrés, boueux, mal dégrossis, presque mal élevés. Les mots passent comme le murmure de vent, comme un fin silence qui les touche à peine mais qui ébranle les profondeurs de leur vie engloutie par la mort ! Et nous ?

La paix que Jésus annonce comme en négatif fait son chemin, ouvre un passage que le baptême de feu, le feu du baptême inaugurent. Ne soyons pas là en spectateurs, mais bien en acteurs de l’œuvre inachevée !

Le feu a pris sous la braise de nos cœurs brisés, en miettes, déchirés ou encore calcinés par les vains désirs, besoins, les forces de mort qui ne cessent de les attaquer. Contre ces feux-là, le feu de Dieu se réveille en puissance de renaissance, de résurrection, de vie éternelle.

Le feu a pris, feu de création, feu de séparation, feu pascal alors feu de résurrection, non pour détruire, mais pour nous faire passer comme l’or au creuset, au creuset du feu de l’amour, au creuset de la paix ! C’est pour nos familles cette médaille de feu !

N’ayons pas peur de ce feu-là,
feu qui crépite de nos désirs embrasés,
feu qui crépite de son Amour livré !

 
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