Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Moi, je suis le Pain !

mercredi 18 avril 2018

Nous poursuivons la lecture de saint Jean, avec le cœur brûlant brûlé par les Écritures. Elles illuminent la nuit d’un feu particulier, ce feu de braises qui cuit le Pain venu du Ciel.

Moi, je suis le Pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »
"Telle est la volonté de mon Père ; que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour."

De l’œuvre à faire, Jésus fait passer au pain à manger. Saut dans la foi un peu brutal, mais pour ses auditeurs, ces habitués de l’Écriture, ces hommes de foi, rien de très surprenant. Tous La parcourent et connaissent parfaitement la longue marche du peuple au désert nourri par la manne. Pour nous, le chemin sera plus peineux, mais n’abandonnons pas la course !

Jésus les touche justement au cœur de leur foi : Moïse a conduit son peuple au désert et l’a nourri quarante ans ! Tout un peuple nourri de manne dans un désert sans fin à la recherche de la terre promise, à la recherche d’un Dieu caché se donnant au goût affiné de chacun, chaque matin : Inouï.

Il remet Dieu au centre ; il remet Dieu à sa place ! Voilà bien qui est dérangeant. Ce n’est plus la manne et Moïse qui est au centre, et donc ceux qui en sont bénéficiaires, mais Dieu. L’auteur du don inouï de cette nourriture de salut est le Père que Jésus révèle, et il ne peut être saisi comme une chose même élevée au nom de "manne", il ne peut être que reconnu et adoré !

Premier saut qui annonce un deuxième plus périlleux encore : ce pain du désert est nouveau, pour eux, pour nous aujourd’hui. Il est lui-même, Jésus ce pain de vie ! Difficile de saisir la profondeur du mystère en quelques mots surtout quand c’est de faim et de soif étanchées pour toujours.

Cette faim et cette soif ne peuvent faire oublier la faim et la soif premières, celles qui aujourd’hui tuent tant d’hommes et de femmes ! Cette faim et cette soif sont encore plus aiguillons au cœur de nos insouciances et de nos petits conforts. Cette faim et cette soif sont la porte étroite pour passer de ce monde au Père, de notre vie à sa vie, de nous centrés sur nous à Lui, Centre car source : Dieu Amour avec sa volonté éternelle : nous la donner !

Dieu seul peut étancher cette faim et cette soif,
pas sans que nous partagions notre pain et notre vie !
De sa Résurrection, source et centre de toute vie :
Soyons des Vivants !

 
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