Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Pas de colère !

mardi 10 septembre 2013

Un détour par la Règle de saint Benoît, ce matin au chapitre 4, verset 22 :

Ne pas se mettre en colère !

Arrêtons-nous sur cet instrument de l’art spirituel pour essayer de comprendre ce qui se passe et comment éviter la colère, ou si elle explose qu’en faire et comment nous protéger et protéger nles autres, comment revenir d’une colère…

Nous sommes tous concernés, avec plus ou moins de violence, de fréquence, de façon plus ou moins cachée.
Certaines colères froides, rentrées qui font sortir les autres de leurs gonds sont plus subtiles mais aussi plus difficiles à gérer.

Prenons ce jour pour travailler intérieurement notre cœur dans le silence, sous le regard de Dieu, avec Jésus, le Christ, Maître de vie.

Une nuit, un jour, il appelle ses disciples, les renomme pour certains et la mission démarre… œuvre de création en séparant, en appelant, en nommant. _ C’est toujours cela la vie spirituelle, une œuvre de création, à partir d’une séparation, d’un face à face, d’une parole qui nomme et d’un envoi en mission. Pour la colère il en est ainsi.

La colère est souvent le signe visible de notre impuissance, de notre incapacité à faire telle ou telle chose, à obtenir telle ou telle chose, à accepter tel évènement. Nous sommes confrontés à une limite existentielle, à notre état de créature, d’enfants de Dieu et nous sommes au pied d’un mur, d’un obstacle, d’une difficulté invincible.

L’impuissance est bonne, si nous avons appris dans notre enfance à la gérer. A la contenir, à la traverser, à faire avec, en prenant appui sur les autres, nos parents, Dieu.
Souvent, nous nous sommes réfugiés dans cette colère par orgueil, par toute-puissance et personne n’est venu casser ce sentiment, cet enfermement, ce cercle vicieux.

La Parole du Christ est là, qui murmure le chemin, chemin d’humilité, chemin de remise de soi, chemin d’abandon, chemin de fraternité, chemin d’obéissance, chemin de pauvreté !

Quand la colère monte devant notre impuissance, prenons le temps de recul indispensable pour respirer et repérer ce qui est en jeu. Telle parole telle attitude, telle demande qui nous touche, parce qu’elle nous met dans une situation d’impuissance.
Une certaine liberté, une certaine volonté, une certaine force sont présentes à ce moment précis, avant l’explosion, si nous sommes attentifs, vigilants.
Un espace très petit, don de l’Esprit, pour stopper cette montée de violence et la retourner en force de vie, de don, de pardon.
Cet espace est parfois caché par notre aveuglement, notre affolement, notre agacement. Nous en pouvons voir, sentir, retenir.

Pour certains, la brèche est plus profonde, d’ordre psychologique et il faut un travail intérieur autre, soutenu, aidé.
Peu importe, l’essentiel est d’être conscient de notre chemin à vivre, du lieu et de l’état de notre misère, d’’abord pour vivre heureux et pour rendre nos proches heureux, du bonheur de Dieu !

Et si la colère n’est pas contenue, plaise à Dieu que cela n’arrive pas trop souvent, comme dirait Benoît, revenons, revenons inlassablement en demandant la prière, en demandant pardon, en reconnaissant simplement notre pauvreté, sans nous justifier.

Le retour est divin, salvateur, et doit être joyeux, de la joie de l’Esprit qui est vainqueur. A force de retour, il n’y aura plus de sortie de soi non contenue, ni de provocation les unes par les autres, provocation si souvent inconscientes mais bien réelles et puissantes !

Faisons mémoire d’une colère en ce jour,
et laissons l’Esprit la revisiter pour comprendre,
prendre distance, et nous éclairer,
nous aurons fait ce soir un grand pas de liberté

 
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