Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Que ton devoir !

lundi 7 novembre 2016

Encore un passage bien rude, pour ce jour ne serait-ce que par la présence dans là bouche de Jésus d’un mot irrecevable que nos traductions polies éliminent : "esclave non indispensable" !

Jésus ne mâche pas ses mots. Son coeur brûle de passion d’amour. Or le temps de formation des disciples est court, la Bonne Nouvelle ne peut souffrir de tiédeur, de lenteur, de pesanteur ! Alors oui, il martèle avec audace, voire excès, la primauté du service, de l’obéissance, de l’empressement :

Le contexte de cet échange est grave, Jésus pousse son enseignement à l’extrême. Souvenons-nous des mots d’hier : "Malheur à celui qui est la cause de la chute d’un seul de ses petits... pour lui il vaudrait mieux qu’on lui attache au cou une grosse pierre et qu’on le jette à la mer." Alors les disciples demandent la foi.

Ils sont devant l’évidence de l’impossible. L’évangéliste n’a pas honte de l’écrire. Que c’est heureux pour la suite de la course de la Bonne Nouvelle qui nous traverse !

"Dites-vous que vous êtes des esclaves non indispensables !" Certes, mais un esclave qui a fait les choses prescrites. Qu’entendre réellement ? Comment lier ces deux réalités : esclave et choses prescrites ?
Un mot surgit comme venu du gouffre : l’amour. Il ne résout rien, il explose de lumière en chemin.

Amour gratuit, pur amour, de celui qui s’est fait esclave pour nous sauver et qui appelle à sa suite pour entrer dans la tunique de serviteur, s’y glisser aisément, parce que taillée sur mesure, la mesure de la démesure de la foi, telle est la clarté qui dissipe la rudesse du propos !

Aimer à la mesure de Dieu ?
En tablier de service, celui de l ’obéissance,
aux couleurs d’une vraie folie, indispensable :
consentir à être un esclave non indispensable du Christ !

 
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