Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Question sur le sabbat !

samedi 9 septembre 2017

Dans la continuité de l’évangile de Luc, après la question du jeûne, une autre surgit au détour d’un champ ! Jésus la reçoit paisiblement :

« Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui et ses compagnons ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea, et en donna à ses compagnons, alors que les prêtres seuls ont la permission d’en manger. »
Jésus leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »


Jésus passe de ce que l’homme pouvait faire le jour de sabbat à ce qu’il est par rapport au sabbat. Ce déplacement subtil fait justement voir autrement, et surtout autre chose. Il commence par désorienter mais pour réorienter, de façon ajustée au cœur de Dieu, à son plan d’amour.

La sabbat est temps de reconnaissance de Dieu créateur, de remise au centre de sa vie. Il est temps pour l’honorer et pour accueillir la création comme don à faire fructifier. Le sabbat est don de Dieu à l’homme ! Il est véritablement temps de présence-absence, temps d’absence-présence, signe de l’Alliance. Temps vide !

Pour le protéger, pour l’encadrer, pour faire entrer l’homme dans cette Alliance, il a bien fallu un apprentissage, des garde-fous, des lois, des règles, uniquement au service de l’Alliance. Nous sommes au cœur du paradoxe Présence-Absence du Créateur et des créatures, de l’homme dans la création.

Le centre c’est Dieu, la source, c’est Dieu, la Vie, c’est Dieu. Tout est à portée de nos mains, mais tout n’est pas de nos mains.
Tout peut l’être apparemment, mais tout n’en peut en venir, même si la science s’évertue à le faire croire par des prouesses de l’intelligence.

Jésus se fait écho de ce paradoxe en le déplaçant, en allant plus loin : même le sabbat est à portée de mains, mais il ne donne pas Dieu ; il y conduit, il en montre le chemin en quelque sorte. Sa pratique rigoureuse ne donne pas Dieu, pas plus l’absence de son observance, d’ailleurs.
Il y a un plus, un autrement, un ailleurs que Jésus apporte en sa personne :
le fossé entre l’homme et Dieu, la créature et le Créateur, le fini et l’Infini, le créé et l’Incréé : un fossé, don gratuit de Dieu qu’Il est lui-même : Fils de Dieu et Fils de Marie !

De fossé, il devient Pont ! Pont pour nous relier de façon ajustée à Dieu et de nous rendre participant de la vie divine. Alors le sabbat se transforme intérieurement en temps gratuit pour Dieu, temps de célébration du Créateur, temps de communion, temps de re-création, temps de résurrection. Ce qui explique le passage du sabbat juif au dimanche chrétien avec le même paradoxe :
Le Fils de l’homme est maître du sabbat sera pour nous chrétiens, " le Fils de l’homme est maître du jour de la Résurrection " puisqu’il sort victorieux des affres de la mort et nous ouvre le chemin de l’éternité !

Avouons qu’un jour ne suffit pas pour saisir cette réorientation, mais qu’il faut bien, chaque sept jours, nous arrêter pour nous laisser toucher par le Présent-Absent, l’Absent-Présent et célébrer l’Alliance !

Oui, nous sommes faits pour la résurrection,
Nous sommes des Vivants,
Vivons en enfants de lumière,
Vive le Dimanche !
A méditer aujourd’hui et à vivre demain !

 
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