Bénédictines de Sainte Bathilde

Billet du jour : Rabbouni !

mardi 18 avril 2017

Un seul nom prononcé peut bouleverser une vie. Tout est alors dit. Tout est alors contenu dans ce seul nom. Est-ce seulement vrai ?

"Femme, pourquoi pleures-tu, qui cherches-tu ?"
Marie ! Rabbouni !
Cesse de me tenir... va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu !"


Marie Madeleine est là, assise et pleure, perdue dans ses larmes, regard brouillé et cœur aveuglé, inconsolable et quasi indérangeable...

Le cœur de Marie-Madeleine, déchiré saigne et pleure.
Comme tout cœur qui pleure la mort d’un proche, il pleure une séparation, il pleure une absence, il pleure de douleur, pas question d’âge, de circonstances, de temps, l’être est parti ! Il Pleure l’être cher perdu, le plus jamais pareil, l’irréversible, le vide, l’inconnu.

Ce "pourquoi pleures-tu" ne dit-il pas le désir de Dieu de rencontrer la femme justement là où elles est : dans ses pleurs. Il la rejoint là pour faire brèche. Il la rencontre là dans sa peine, sa plainte, sa souffrance qui peuvent alors être murmurées, criées, partagées.

"Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?"

La même question posée par l’ange, cette fois par un interlocuteur qu’elle ne reconnaît pas et qui va plus loin dans sa souffrance : "Qui cherches-tu ?"

Marie-Madeleine prend de l’assurance, malgré ses pleurs. Sa détermination à retrouver le corps du mort qu’elle cherche s’affermit et la sort d’elle-même : "Moi, j’irai le reprendre !"
Fermeté d’un cœur déchiré qui ne peut imaginer un autre chemin que celui de la possession d’un mort, d’un arrêt sur ce qu’elle connaît, d’un arrêt de mort.

Au plus profond de sa souffrance, un murmure retentit et déchire la déchirure : " Marie  !"
Appelée par son nom par Celui qui seul peut l’appeler ainsi, Marie s’écrie "Rabbouni !", cri qui a son tour déchire le voile, ou même perce le mur de la mort. L’impensable déchire le silence, l’insaisissable fait ouverture, la Mort a été vaincue, engloutie par la vie, et cette femme en devient témoin ! La vie du Ressuscité repose en elle, à jamais, elle le sait dans son corps de femme !

J’ai vu le Seigneur !
Fulgurance d’un amour éternel !
A nous de courir sur les chemins du monde !

 
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