Bénédictines de Sainte Bathilde

CHEMIN DE CROIX

vendredi 10 avril 2020

Un nouveau texte qui est tiré du Chemin de Croix que la théologienne française, Anne-Marie Pelletier, avait rédigé, à la demande du pape François, pour le Chemin de Croix de Rome, en 2017.

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L’Heure est donc venue. Le chemin de Jésus sur les routes poudreuses de Galilée et de Judée, à la rencontre des corps et des cœurs en souffrance, pressé par l’urgence d’annoncer le Royaume,

ce chemin s’arrête ici, aujourd’hui.

Sur la colline du Golgotha.

Aujourd’hui la croix barre le chemin. Jésus n’ira pas plus loin.

Impossible d’aller plus loin ! L’amour de Dieu reçoit ici sa pleine mesure, sans mesure.

Aujourd’hui l’amour du Père, qui veut que, par le Fils, tous les hommes soient sauvés, va jusqu’au bout, là où nous n’avons plus de mots,

où nous perdons pied,

où notre piété est débordée par l’excès des pensées de Dieu.

Car, au Golgotha, contre toutes les apparences, il s’agit de vie. Et de grâce. Et de paix.

Il s’agit, non pas du règne du mal que nous connaissons trop, mais de la victoire de l’amour. Misericordia et misera…

Et, à l’aplomb de la même croix, il s’agit de notre monde, avec toutes ses chutes et ses douleurs, ses appels et ses révoltes, tout ce qui crie vers Dieu,

aujourd’hui, depuis les terres de misère ou de guerre, dans les foyers déchirés, les prisons, sur les embarcations surchargées de migrants.

Tant de larmes, tant de misère dans la coupe que le Fils boit pour nous.

Tant de larmes, tant de misère qui ne sont pas perdues dans l’océan du temps, mais recueillies par lui, pour être transfigurées dans la mystérieuse alchimie d’un amour où le mal est englouti.

C’est bien de la fidélité invincible de Dieu à notre humanité qu’il s’agit au Golgotha.

C’est une naissance qui s’y opère !

Il nous faut oser dire que la joie de l’Évangile, Evangelii gaudium, est la vérité de cet instant !

Si notre regard ne rejoint pas cette vérité, alors nous restons prisonniers de rets de la souffrance et de la mort. Et nous rendons vaine la Passion du Christ.

Prière

Seigneur, nos yeux sont obscurs. Et comment t’accompagner si loin ? « Miséricorde » est ton nom. Mais ce nom est une folie. Qu’éclatent les vieilles outres de nos cœurs.

Guéris notre regard pour qu’il s’illumine de la Bonne nouvelle de l’Évangile, à l’heure où nous nous tenons au pied de la Croix de ton Fils.

Et nous pourrons célébrer « la longueur, la largeur, la hauteur », le cœur consolé et ébloui.

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Ce texte, qui est l’Ouverture de ce Chemin de Croix, a été lu ce matin, aux Vigiles de ce Vendredi Saint.

 
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