Bénédictines de Sainte Bathilde

4° CONGRES MONDIAL DES OBLATS BENEDICTINS A ROME

dimanche 19 novembre 2017

Du 4 au 10 novembre 2017, s’est tenu à Rome le 4e Congrès mondial rassemblant 250 oblates, oblats, et responsables d’oblatures venus des cinq continents.

A way forward

La Communauté Bénédictine en mouvement

Le thème dynamique de ce Congrès Mondial des Oblats Bénédictins était à la hauteur des 250 oblates, oblats, et responsables d’oblatures qui arrivèrent des cinq continents à Rome !

Ce Congrès a été d’un dynamisme à la taille du monde, un brassage de culture, de langues, de façons de vivre, de fraternité simple, de services rendus et reçus, de joie profonde. Que de découvertes heureuses pour celle, celui, qui avait ouvert son regard sur l’ « autre » différent ! L’Unité en saint Benoît nous rassemblait à Rome !

Je suis partie avec une oblate de notre monastère, et nous sommes arrivées à l’aéroport de Fiumicino sans encombre ; là, les oblats italiens nous attendaient, facilement repérables grâce à l’affiche du logo du Congrès. Nous ne dirons jamais assez la gentillesse de toutes ces équipes d’accueil pour nous faire parvenir ensuite au Centre Fraterna Domus, lieu de notre Congrès.

Quatorze oblats français et deux responsables d’oblature pour représenter le SOB français !

Le programme était chargé ; un véritable Congrès de travail de réflexion, d’échanges divers, de mises en commun, de débats, d’une richesse profonde.

Chaque jour débutait par la méditation ou la Lectio Divina, l’Office des Laudes dans toutes les langues ! Puis nous nous retrouvions à 9h à l’Auditorium pour les Conférences. A 12h la célébration de l’Eucharistie réunissait tout le monde. Chaque jour des groupes de discussion, constitués dès le premier jour, se retrouvaient pour échanger sur les thèmes du Congrès. A 15h de nouveau, nous nous rassemblions à l’Auditorium pour les Conférences.

Thomas Brunnhuber, oblat d’Angleterre, nous rappela que rien n’opposait « mouvement » et « stabilité » ; « il s’agit de bouger ensemble et individuellement et être bougé, et ainsi trouver la direction du chemin ; pas de mouvement sans stabilité ».

Notre Abbé Primat, Dom Gregory POLAN, posa quelques questions : « Que veut dire être oblat avec un monastère ? Quelle relation ? Comment cette relation s’est-elle approfondie avec Dieu ? Quelle attente avez-vous avec votre communauté ? »

Il lança aussi des questions aux communautés monastiques : « Qui sont vos amis ? Vos meilleurs amis sont les oblats ! Vos oblats sont les plus fiables, ils sont un don par ce qu’ils sont, pour votre Communauté ». Pour les oblats, « la relation avec la Communauté doit être la prière, le calme, des endroits où il y a des services à rendre, des endroits où l’on trouve l’espace pour écouter ; trouver cette intimité est important, il s’agit de maintenir cela en vie dans votre monastère. Cela vous donne une stabilité, une amitié monastique avec le monastère, quelque chose de sacré, intime, vivant ».

Joan CHITTISTER, osb des USA, bien connue de tous, marqua fortement le Congrès par ses réflexions : « Comment les moines peuvent-il changer et agir dans le monde ? »

S’adressant aux oblats : « Je crois que vous êtes l’avenir de l’Ordre ! Pourquoi se lier à un monastère bénédictin ? La vérité est que nous et vous, oblats, nous redécouvrons ce que signifie de découvrir un charisme, le charisme de la vie monastique. Regarder Abba Arsène, moine du désert, les Hassidim … faire ce que les autres font depuis si longtemps, c’est ce qui nous relie à la Tradition. Les moines et les oblats ont besoin les uns des autres.

D’où venons-nous ? Question de légitimité à la tradition de l’Eglise. Quand nous gardons le charisme pour nous, le charisme meurt. Le charisme se partage, se propage. Ensemble les monastères et les oblats doivent faire des choses pour délivrer le monde. Vous et moi nous devons élever la voix, nous dans notre monde ; et vous dans le vôtre. »

Qui êtes-vous ? Être oblat, c’est être porteur de la spiritualité bénédictine : prière, justice, humilité, communauté, des artisans d’un nouveau monde. Il s’agit d’unir nos cœurs, nos idées. Oui, les charismes sont censés être partagés et non pas retenus ; les charismes ne sont pas figés, ils gambadent dans la vie ; il y a un don commun des moines et des oblats : les vœux des moines et les promesses des oblats, le charisme est toujours mûr et toujours en fleur ! Il croît aux étapes de la vie ici, maintenant et toujours. Séparément, seul et ensemble nous devons le rendre visible dans un monde nouveau. Les oblatures sont plus grandes que les monastères ; les oblats sont censés être des compagnons du monastère, ce sont les oblats qui deviennent les tentacules du monastère ! Il y a des oblats partout qui sont la justice miséricordieuse.

Que devons-nous faire ? Les oblats ont une place dans l’Église, ils sont dans l’Eglise. Les oblats nous demandent notre compréhension et les monastères apportent aux oblats l’expérience, la valeur bénédictine au service des systèmes. C’est un cri qui nous est lancé à créer d’autres valeurs : la vision d’un monde plus lumineux avec la formation d’oblatures fortes, des laïcs saints et spirituels ; afin que les monastères apprennent des oblats et les oblats des monastères.

Il y a des défis. Les oblats ont besoin de place. Avoir un cœur monastique dans ce monde de chaos suppose un chemin en commun, les monastères et les oblats, l’ondulation spirituelle ! Les monastères ne doivent pas s’installer dans ce monde ! Regardez St Benoît pacificateur, Hildegarde de Bingen ! Les Bénédictins se tiennent sur le sommet. Soyons fidèles à la Tradition et devenons la lumière pour les autres. Ensemble, vous et moi, nos monastères, les oblats, devenons, chacun d’entre nous, des lumières pour le monde ! ».

Le mercredi eut lieu notre déplacement au Vatican à la rencontre du pape François. Quelle joie de voir et d’entendre le successeur de Pierre ! Puis une visite au monastère cistercien de Tre Fontane et notre visite à St Anselme le soir autour d’un buffet très fraternel et très joyeux.

Ce fut un Congrès très dense, dans les échanges, les conférences, les relations créées entre oblats du monde entier de tant de pays où les difficultés politiques et sociales sont réelles ! On ne peut qu’admirer l’engagement de tous ces oblats. Les jeunes oblates africaines nous ont le plus impressionnées par leur engagement pour la justice, leur clairvoyance pour l’avenir de leurs pays.

Delphine, du Burkina-Faso nous résuma bien ce qu’est une oblate :

« Le monastère est un puits. L’oblate vient y puiser de l’eau pour se désaltérer et en emporter. De retour dans le monde, elle en arrose la terre, puis, Elle rapportera les fruits au monastère ».

L’esprit souffla assurément durant ces jours ! A way forward !

Sœur Samuel osb, Martigné-Briand

 
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