Bénédictines de Sainte Bathilde

Chapitre 2, 30 - 40

jeudi 30 décembre 2010

Deux paroles de l’Ecriture peuvent nous accompagner en ces jours, paroles à la fois pleines de foi et pleines de questionnement pour qui a charge de famille et vit au cœur du monde.
Comment en faire des phares qui indiquent un chemin, qui indiquent Dieu, sans se sentir totalement écartelés ?_

- « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et Dieu donnera le autres choses en plus. »
- « Rien ne manque à ceux qui respectent Dieu, avec confiance. »

Ces deux citations sont à recevoir ensemble, une fois encore en duo, comme Benoît les aime. Duo qui permet d’avancer, de marcher sur ces deux pieds que sont le Royaume de justice et la confiance en Dieu. Duo articulé par un petit mot qui peut bien changer toute l’orientation d’une vie : « d’abord ».
Pour un père, une mère de famille, pour un chef d’entreprise, une grand-mère donnée aux siens, ce d’abord semble bien incongru, irrecevable. Mais est-ce si sûr ? L’irrecevable ne tient-il pas à l’absence de courant continu entre notre vie et le souffle de l’Esprit qui fait de nous des fils ? Que nous dit Jésus dans l’Evangile ? pas d’abandonner les siens, ni de les négliger, mais de vivre en fils de Dieu, se recevant de Dieu et tourné vers le Royaume. C’est tout !
Et le d’abord signifie alors, vivre en fils de Dieu, du souffle de Dieu, toute situation humaine quotidienne qui a son poids d’éternité, son poids d’amour et de justice. Ce d’abord peut vouloir nous inviter à renouveler au réveil notre joie de nous recevoir de Dieu, et à renouveler aussi notre offrande d’amour. Renouvellement possible dans la confiance filiale nourrie au jour le jour, « oui, le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer » !
Beaucoup de choses nous manquent, parfois des essentielles, des existentielles, alors comment concilier ce manque réel et notre foi en ce Dieu qui promet que rien ne nous manquera ? Combat profond qui purifie qui n’a d’autre réponse parfois que celle d’arracher la vie à la mort, l’espérance au désespoir, la confiance à la révolte, la fraternité à la solitude.
Ne sommes-nous pas aussi bergers les uns pour les autres ? Le manque partagé, voilà le Royaume !

 
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