Bénédictines de Sainte Bathilde

De l’humilité, Chapitre 7, 24 - 30

dimanche 2 juin 2013

La mort est placée à l’entrée même du plaisir... RB 7, 24

«  La mort est là  » !

Voilà une bien sinistre entrée en matière … et bien ne nous arrêtons pas à l’entrée du chemin pour ne pas tomber dans le piège de malin !
Oui, la mort est là, mais c’est à l’entrée du chemin qui conduit aux plaisirs. Et c’est une bonne nouvelle.
La mort est là à l’entrée. Laissons-nous éclairer par cette parole de notre père Benoît.
La mort est là à l’entrée du chemin de perdition. Nous ne serons pas pris de court, à revers. La mort se montre bien à l’entrée de ce chemin des plaisirs mauvais. Elle fait suffisamment signe pour que nous sachions où nous allons, vers quel horizon nous marchons. Le chemin des plaisirs qui ne sont pas de Dieu, en Dieu, est chemin qui mène à la mort. Le point d’arrivée est comme annoncé d’avance et il nous est bon de l’entendre, de nous le voir indiqué du doigt de la sagesse. Sans doute l’attrait des plaisirs nous aveugle, mais à l’entrée de l’émotion qui déroute, qui fait changer de route, un signe, un rappel, parfois bien discret, parfois imperceptible, parfois simple motion de l’Esprit : tu vas à la mort nous murmure le fond de notre cœur, tu vas vers ce qui ne donne pas de fruit, vers ce qui te sépare de ton Dieu.

Comment être à l’écoute de ce murmure et assez libres pour nous laisser remettre debout sur notre route, la route de notre être filial ?
C’est bien le chemin de l’apprentissage de la vie, chemin de paix, chemin de renoncement… Il nous faut apprendre jour après jour à gérer nos émotions, à gérer ce qui nous advient au contact du réel de la vie et à prendre la juste distance pour agir après avoir tout simplement discerner ce qui conduit à la vie !

Cela paraît simple pour certains, impossible pour d’autres, car la vie va trop vite, mais c’est le chemin de l’Évangile que la Règle indique avec douceur, mesure mais fermeté.

Qui veut la vie ? C’est bien notre questionnement le plus profond et le plus radical ! Osons le laisser nous interpeller même pour des petits choix, car la mort est là à l’entrée du chemin… non pour nous faire peur, non pour nous menacer, mais là parce que là est l’enjeu !

Mort et vie sont sans cesse là devant nous, près de nous. Comme pour le peuple dans le désert, nous avons nous seulement à entendre : mort et vie sont en ton pouvoir, «  choisis la vie !  », mais encore à le mettre en pratique.
A accomplir ce que nous avons entendu, ce que nous avons choisi, et donc à lutter pour le faire advenir.
Dieu ne fait rien sans nous, parce qu’il nous aime. Il nous donne l’Esprit pour nous apprendre à voir, à choisir et à poser des actes en cohérence avec notre discernement. La mort est l’incohérence même. C’est un bon repère, toute incohérence est entrée sur un chemin de non vie. Mais trop souvent, nous n’avons pas la force de faire demi-tour, car nous tirons des avantages de tout et en particulier de ces sortes d’incohérence qui, à première vue sont fécondes.

Sur quel point concret, avez-vous, avons-nous à choisir le chemin de la vie et donc peut-être du renoncement maintenant ? Ici et maintenant sont sans doute porteurs de savoir, de connaissance, d’avantages, mais ils le sont sur ce chemin de mort parce que pas ajustés au plan d’amour de Dieu.
Cette lumière-là, qu’en faisons-nous ?

Nous sommes souvent pris dans les filets d’un avoir immédiat, d’une fin qui ne justifie en rien les moyens… qui peut nous aider à voir clair, à faire le petit pas nécessaire pour tourner le dos à l’entrée du chemin ?
Une parole, un temps de prière, un peu de bon sens mis à la rescousse de beaucoup d’émotion, une bonne rencontre ?

«  Le filet s’est rompu, nous avons échappé…  »

 
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