Bénédictines de Sainte Bathilde

De l’humilité : chapitre 7, 34

dimanche 20 octobre 2013

Obéir parfaitement

Le troisième échelon de l’humilité pour un moine, c’est d’obéir parfaitement à un supérieur parce qu’on aime Dieu. Par là, le moine imite le Christ. En effet, l’apôtre Paul dit du Seigneur : « Il a voulu obéir jusqu’à la mort » (Ph 2, 8).

Manquerait-il un barreau à l’échelle de la vie de tous : ce troisième degré de l’humilité bien spécifié « pour un moine » étant « d’obéir parfaitement à un supérieur » ?
Petite question introductive provocatrice... Regardons de près cet échelon et voyons comment il peut être aussi vôtre.

Il s’agit d’imiter le Christ, dans son mystère d’obéissance. Je dis bien mystère d’obéissance, car le Christ en sa vie d’homme nous révèle son lien tout particulier avec le Père, dans l’Esprit et ce lien ne nous est ni accessible ni compréhensible par nos propres efforts. Ce lien est lien d’obéissance, lien d’écoute mutuelle, lien d’amour réciproque, lien de don sans réserve, lien de communion qui est Chemin, Vérité et Vie.

Au creuset de ce mystère, un moment dans l’histoire des hommes, un moment unique, celui de l’Incarnation. « Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel » : voilà le roc du mystère de l’obéissance, le roc ou la source, l’élan originel en quelque sorte.
C’est pour nous que le Christ s’est fait chair, chair d’obéissance, chair de communion, pour nous sauver, pour nous faire entrer dans son mystère d’amour avec le Père dans l’Esprit. « Pour nous les hommes et pour notre salut… »

Alors, oui, ce troisième échelon de l’humilité est bien pour tous pour nous conduire au Père dans l’Esprit.
Nous y sommes déjà, par la mort et la résurrection du Christ : il a opéré une fois pour toutes le passage, la Pâque, mais il nous faut gravir la montagne du salut, non pour mériter le salut, mais pour habiter le tabernacle, pour demeurer dans le Père, avec le Fils, par l’Esprit. Source et sommet, l’obéissance est encore chemin

Comment la vivre au quotidien, là où vous êtes, là dans l’unification de votre personne, dans le mouvement baptismal et dans l’appel à suivre la Règle pour vous laisser habiller du salut ?

Ce comment revient souvent dans les partages et accompagnements et j’aimerais lancer des filets, plus que donner des réponses, car je n’en ai pas. _
C’est vous qui les avez par et dans votre vie, par et dans la Parole méditée, par et dans la Règle jour après jour assimilée.
- Filet de la foi, d’abord : croyez-vous vraiment que ce mystère d’obéissance est pour vous ? Demandez-vous la lumière pour voir où il vous rejoint, où il vous conduit, où il vous concerne ? A qui obéissez-vous ?
- Filet de la confiance : Avec qui pouvez-vous parler de ce chemin personnel d’obéissance et choisir des repères pour avancer ?
- Filet de la mise en pratique : Il n’est pas d’obéissance sans mise à mal de notre volonté propre, sans renoncement effectif. A quels renoncements concrets vous conduit la mise en pratique de l’obéissance du Christ ?
- Filet de l’amour : Benoît insiste dans ce court verset sur l’amour. Ce n’est pas un exploit d’obéir, mais la réponse amoureuse du Christ au Père et aux hommes, pour les sauver… dans votre vie, qui aimez-vous pour aller jusqu’au renoncement par amour ? A quelle vie d’amour et de don de vous-même vous aspirez pour oser le saut dans l’obéissance de la foi ?

Le chemin est là, l’entrée est étroite, mais le Christ est le portier, il nous lance un défi, et nous sourit avec confiance, « le veux-tu ? » semble-t-il nous dire, avec audace, mais surtout tendresse ! Calons notre vie dans la sienne et en avant !

 
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