Bénédictines de Sainte Bathilde

De l’humilité : chapitre 7, 44 - 48

mardi 31 décembre 2013

RB 7, 44 - 48
Le cinquième échelon de l’humilité : l’ouverture du coeur

Le cinquième échelon de l’humilité pour un moine, c’est d’avouer humblement à son abbé toutes les pensées mauvaises qui arrivent à son cœur ou bien les fautes qu’il a faites en secret, sans rien lui cacher. La Bible nous invite à faire cela quand elle dit : « Découvre ta conduite au Seigneur et espère en lui » (Ps36, 5). 46 Elle dit aussi : « Avouez vos fautes au Seigneur, parce qu’il est bon et sa tendresse dure toujours » (Ps 105,1). Le Prophète dit encore : « Je t’ai fait connaître mon péché et je n’ai pas caché mes fautes. J’ai dit : « A haute voix je présenterai mes fautes devant toi, Seigneur, et toi, tu as pardonné à mon cœur coupable » (Ps 31, 5).

Commentaire
Déjà Benoît nous donnait comme outil de l’art spirituel, cette ouverture du cœur efficace dans le combat des pensées, sommes toutes, combat de la vie en Christ. L’ouverture du cœur apparaît donc à la fois, comme outil de l’art, et comme fruit de l’art en ce cinquième degré de l’humilité.
Que veut dire Benoît, et que pouvons-nous en retenir pour notre vie aujourd’hui ?

D’abord un constat : nous avons des pensées mauvaises ! Qui que nous soyons, naissent en nous des pensées de convoitise autre mot pour dire la jalousie, des pensées d’envie, de gourmandise, de rancune, d’orgueil, de désespérance, de découragement, voire de mort… Mille et une pensées qui traversent le ciel de notre cœur et l’obscurcissent.

Ensuite un conseil : l’outil sera de laisser venir la pensée au jour, donc à la lumière, la laisser naître pour mieux la saisir jusqu’en sa racine. Le conseil de Benoît vient de son expérience et en Maître, il enseigne ses disciples, en père il indique un chemin, celui de la liberté sur lequel on avance pas à pas, pas de vérité, pas de lumière.
Qu’est-ce qui nous peur pour faire obstacle en nous à cette vérité et cette lumière ? Renouvelons alors notre foi en la présence de Dieu et la vérité deviendra douce comme le miel et la lumière chaude comme la tendresse d’un cœur accueillant !

Enfin un labeur : c’est bien nous qui manions l’outil dans la matière de notre vie pour faire advenir l’œuvre, qui n’est autre qu’une facette du visage du Christ !
Nous portons en nous le Christ et toute notre vie de foi, d’espérance et d’amour, au cœur du monde, n’est-elle pas de laisser naître le Christ ? Nous sommes encore mélangés, tous bien mélangés : d’argile précieux, argile de Dieu et de boue nauséabonde, nos pensées mauvaises, notre péché. De ce mélange, Dieu a plaisir à faire jaillir un fils, une fille, totalement transfigurés, totalement régénérés dans le bain de l’amour crucifié et relevé d’entre les morts.
L’ouverture du cœur se trouve en ce jaillissement de vie parce que justement en l’accueil de l’amour du Fils pour nous, pour chacun de nous jusqu’à la mort et en l’accueil de la vérité de ce qui nous habite et qui résiste encore à la lumière de la vie.

Le psalmiste est témoin de ce possible jaillissement et de la source intarissable d’amour. Il crie sa foi en la miséricorde infinie de Dieu. Il transmet son expérience en affirmant la grandeur du cœur de Dieu qui se penche sur le cœur contrit, le cœur brisé, le cœur humble.

Les psaumes ne sont-ils pas puits de lumière et de vérité ? Puits d’amour et de sainteté ? Puits de patience et de miséricorde, à qui sait se pencher sur la margelle et tirer le sceau pour faire remonter l’eau vive qui nous attend ?

Ce cinquième échelon nous conduit au bord du puits, le Christ, pour nous donner à boire l’eau de la vie, jaillie de notre cœur de pierre devenu peu à peu cœur de chair ! Frappons doucement sur le rocher de notre cœur pour qu’en jaillisse le Christ en brisant les pensées mauvaises !

Et ce bâton ne serait-il pas alors le témoin de notre chemin ?
Marchons ! Courons ! Dieu est là !

 
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