Bénédictines de Sainte Bathilde

Dom Bellot, moine-architecte

lundi 27 avril 2009

Dom Bellot, un moine redevenu architecte par nécessité.


Né à Paris le 7 juin 1876, Paul Bellot est le fils aîné d’un architecte-vérificateur, féru de Viollet-le-Duc. A cinq ans, il dessine des maisons !
Il suit les traces de son père et fait des études d’architecture.
Mais en 1902, il renonce à la carrière d’architecte pour devenir moine bénédictin à l’Abbaye de Solesmes, installée alors en Angleterre dans un bâtiment civil de l’île de Wight. Il y fait profession le 29 mai 1904.

La Communauté pense encore alors à un retour rapide de leur exil anglais, mais suite à l’adoption, en décembre 1905, de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, la construction d’un monastère hors de France est décidée.
En 1906, Dom Bellot est envoyé aux Pays-Bas, « à Oosterhout pour y commencer la construction d’une abbaye ».
Au retour sur l’Ile de Wight, il est chargé de la construction de la nouvelle Quarr Abbey.

Ainsi est-il de nouveau relancé dans son métier d’architecte.
L’atelier de Dom Bellot et sa collaboration avec des architectes laïcs débutent en 1921 à Oosterhout, lorsqu’il commence à accepter des commandes sur honoraires.

En 1928, Dom Bellot quitte Oosterhout et s’installe à Wisques (France) où il est chargé d’une double mission : subvenir aux besoins de la communauté par ses honoraires d’architecte, et agrandir les locaux de l’Abbaye.

Des chantiers lui sont confiés aux Pays-Bas, en Belgique, en France, puis au Canada, au Portugal, en Argentine et en Ouganda

C’est l’été 1933 que le projet de construction du Prieuré Ste Bathilde de Vanves lui est confié.

Le grand réfectoire du Prieuré Ste Bathilde de Vanves en 1948 L'église du Prieuré Ste Bathilde de Vanves en 1948 Le Prieuré Ste Bathilde de Vanves, oeuvre de Dom Bellot

Il meurt à Montréal le 5 juillet 1944.

De son apprentissage à l’Ecole des Beaux-Arts, il dira plus tard : « Avant 1900, on nous apprenait bien à composer des plans, (...) mais on nous abandonnait pour les formes à une routine désespérante. L’apprentissage de la vie monastique, fort heureusement, me permit de me livrer vraiment à la réflexion, de me dégager de la fascination des formes anciennes et de découvrir, pour mon profit, l’âme même de la tradition, son courant vital, et, en lui, les principes perdurables de l’art et du goût. Ce ne sont pas tant les formes d’art qu’il faut enseigner à la jeunesse, que leurs principes invariables, c’est-à-dire : leur raison d’être, leur structure, leurs méthodes, leurs transformations suivant les besoins et les mœurs. »

D’après : "Itinéraire d’un moine bâtisseur" par Charlotte Ellis et Martin Meade, dans « Dom Bellot, moine-architecte » publié par l’Institut Français d’Architecture, Norma Editions, 1996.

 
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