Bénédictines de Sainte Bathilde

Jacques de Saroug : Prière du pécheur pénitent

mercredi 13 février 2013

Je reviendrai à la maison de mon Père comme le prodigue, et je serai accueilli.
Comme il fit, lui, ainsi ferai-je : ne m’exaucera-t-il pas ?
A ta porte, Père miséricordieux, voici que je frappe ; ouvre-moi, que j’entre, de peur que je me perde et m’éloigne et périsse !
Tu m’as fait ton héritier, et moi, j’ai délaissé mon héritage et dissipé mes biens ;
que je sois désormais comme un mercenaire et comme un serviteur !

Comme du publicain, aie pitié de moi et je vivrai par ta grâce !
Comme à la pécheresse, remets-moi mes péchés, ô Fils de Dieu !
Comme Pierre, tire-moi aussi du milieu des flots !
Comme pour le larron, aie pitié de ma malice et souviens-toi de moi !

Comme la brebis qui s’égara, cherche-moi, Seigneur, et tu me trouveras ; et sur tes épaules amène-moi, Seigneur, au logis de ton Père.

Comme l’aveugle, ouvre-moi les yeux, que je vois ta lumière !
Comme au sourd, ouvre-moi les oreilles, que j’entende ta voix !
Comme pour le paralytique, guéris mon infirmité, que je loue ton nom !
Comme le lépreux, par ton hysope, purifie-moi de mes souillures !
Comme la jeune enfant, fille de Jaïre, fais-moi vivre, ô notre Seigneur !
Comme la belle-mère de Pierre, guéris-moi car je suis malade !
Comme le jeune enfant, fils de la veuve, remets-moi sur pied !
Comme Lazare, appelle-moi de la propre voix et délie mes bandelettes.

Car je suis mort par le péché, comme d’une maladie ;
relève-moi de ma ruine, que je loue ton nom !
Je t’en prie, Maître de la terre et du ciel, viens à mon aide et montre-moi ton chemin, que j’aille vers toi !
Amène-moi vers toi, Fils du Très-Bon, et mets le comble à ta miséricorde !
J’irai vers toi et là, je me rassasierai, dans l’allégresse.
Le froment de vie, écrase-le pour moi en cette heure où je suis épuisé !

Je suis parti à ta recherche et le Mauvais m’a épié comme un voleur.
Il m’a lié et enchaîné dans les plaisirs du monde mauvais ;
il m’a incarcéré dans ses plaisirs et m’a fermé la porte au nez ;
et personne qui me libère pour que je parte à ta rechercher, ô bon Seigneur !
Mande vers moi ta grande pitié, ô Fils de Dieu !
Brise le joug qu’il m’a mis sur les épaules, car voici qu’il m’étouffe !

Je désire, Seigneur, être à toi et marcher avec toi.
Sur tes commandements, voici que je médite nuit et jour.
Donne-moi ce que je demande et accueille mes prières, ô miséricordieux !
Ne tranche pas, Seigneur, l’espoir de ton serviteur, car il attend !

Jacques de Saroug (Syrie, V°-VI°siècles)

 
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