Bénédictines de Sainte Bathilde

LA PIERRE ROULÉE

dimanche 9 avril 2017

Une pierre qui roule devant un tombeau, le fermant à l’espérance peut-être... Et un cri : Lazare, sors !

Une méditation alors que bientôt commencera la Semaine Sainte.

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Elles ont attendu l’extrême limite pour me pousser devant l’entrée de la grotte… Maintenant, ça y est, moi, pierre, très lourde pierre, je scelle le tombeau.

Lazare n’est plus…

Lazare n’est plus qu’un corps mort que pleurent deux êtres chers.

Deux femmes : Marthe et Marie.

Deux sœurs de sang qu’un espoir trop humain tenait en éveil...

Quelle pierre est la plus lourde ?

La perte du frère bien-aimé,

ou l’absence du Bien-Aimé ?..

C’est Marthe qui a décidé… « Allons, il faut rouler la pierre ! »

Comme c’est lourd une pierre qui ne veut pas rouler…

Marie pesait de tout le poids de sa peine :

« Mon frère n’est plus, et mon Ami n’est pas venu... »

Comme c’est lourd une pierre que baignent les larmes d’une espérance déçue…

Où est-il donc l’Ami,

celui que son cœur aime ?

Que n’a-t-il donc bondi sur les collines à l’appel de la bien-aimée ? Que n’a-t-il donc saisi la main de son ami ?

Comme c’est lourd une pierre…

Il a fallu que je roule donc, que je referme le trou béant de la mort,

que je scelle à jamais tout espoir de vie, que j’obstrue la lumière, qu’elle ne pénètre plus…

Alors il est venu ! On ne l’attendait plus, tout espoir avait disparu…

Soudain il était là, trop tard, mais là !

Si tard, mais là !

« Ah Seigneur, si tu avais été là... »

« Je SUIS là »,

et là où je suis, là aussi est la Vie !

« Marie, l’entends-tu ? L’entends-tu la voix du Bien-Aimé ? »

« Lève-toi ma bien-aimée, ma belle, viens ! »

« Viens, il t’attend, Avec lui tout espoir renaît »

Alors c’est la course folle,

la course des mots et du cœur trop aimant :

« ...Seigneur, mon frère ne serait pas mort ! »

« Marie ! »

« Rabbouni ! »

Jésus pleure…

Comme c’est léger une pierre au cœur tendre…

« Maître, plus de trois jours ont passé !!! »

« Père, je te rends grâce ! Lazare, viens dehors ! »

« Maître !!! »

« Allons, déliez-le. Je le rends à la Vie,

afin que le monde croie et que le Fils de Dieu soit glorifié. »

Et voilà, j’ai rendu mon mort à la vie…

Je me suis laissé rouler, et j’ai rendu mon mort à la vie…

Accueillez le tel qu’il est maintenant :

mort, non pas ressuscité mais vivant ! mort, non pas ligoté mais délié ! mort, non pas lié mais relié !

mort rendu capable de Vie par l’Amour, par l’Amour de Dieu fait homme ! mort rendu capable d’Amour par la Vie, par la Vie même de Dieu !

N’attendons pas qu’il soit trop tard :

Sortons, sortons à la lumière !

 
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