Bénédictines de Sainte Bathilde

NOUS SOMMES ENTRES DANS L’ARCHE

mercredi 25 mars 2020

Ce Carême est devenu notre arche : nous voilà TOUS enfermés, dans l’arche du confinement.

Vivre ensemble dans l’Arche !

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Nous sommes entrés dans l’arche

Quarante jours, quarante ans. Le chiffre est récurrent dans la Bible. Ainsi Jésus inaugure-t-il sa vie publique par quarante jours au désert où il est « poussé par l’Esprit et tenté par Satan ».

Le chiffre connote une idée de longueur, subie ou (et) assumée. Jésus assume toutes ces durées qui sont épreuves et poids, semblant ne jamais devoir finir.

Quarante… ce peut être davantage, bien davantage… le chiffre n’a pas la rigueur du calendrier : symbolique, il recouvre ces durées interminables qui nous font crier : « Jusques à quand, Seigneur ? Jusques à quand ? »

L’actualité nous fait tragiquement vivre ces « quarante jours »… Elle nous rend contemporains de Noé et de son arche. Par une mystérieuse correspondance, ce déluge actuel correspond au Carême. Noé, l’arche, le déluge qui dure 40 jours : on aimait bien cette symbolique en Carême ! Cela s’inscrit désormais dans notre quotidien le plus quotidien.

Ce Carême est devenu notre arche : nous voilà TOUS enfermés, dans l’arche du confinement. Pour certains, qu’il ne faut pas oublier, une galère. Une galère encore plus galère que d’ordinaire.

Habiter l’arche, c’est un défi qui, reconnaissons-le, déclenche une foule d’initiatives, de créativité et de… résolutions de changer de vie quand nous serons revenus à l’air libre.

Pour l’heure, nous découvrons sans doute aussi deux écueils que certainement le bon Noé et sa colonie ont rencontrés. L’orage, les flots déchaînés étaient à l’intérieur aussi, redoutables, invisibles ou bien massifs !

Un des écueils s’appelle "Comment-durer ?" : il traîne tout un triste cortège de désespérance, langueur, à-quoi-bon-tisme.

L’autre, c’est "Comment-supporter ?" les autres galériens qui, de charmants compagnons deviennent, au fil de la navigation, franchement pesants.

Sans commentaire, car tous, on les a déjà repérés, à la longue-vue ou nez à nez !

Yallah ! Oui, en avant ! Bonne navigation.

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Face à l’apparent triomphe du mal, Dieu ne se résout pas à la catastrophe et fait appel à Noé. L’arche est construite ; hommes et bêtes montent à bord, les vannes du ciel déjà s’ouvrent.

Alors « le Seigneur ferma la porte sur Noé » (Genèse 7,16). Étonnant détail, non ? On sait que les auteurs bibliques ne donnent pas dans le pittoresque pour le plaisir : que dit-on ici ?

« Ces maladroits, ils pourraient bien laisser du jeu dans la porte et l’eau va pénétrer », et Dieu calfeutre soigneusement, maternellement, l’ouverture de l’arche.

Dans l’Arche, il y a un "galérien" qui « connaît ce qu’il y a dans l’homme », eh oui, même les écueils. Sa main est là.

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Pour retrouver la première méditation du Carême :

CARÊME

 
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