Bénédictines de Sainte Bathilde

Pâques

mercredi 21 novembre 2012

Sr M.Bernadette et Philippe, petit neveu Pâques

Notre sœur Marie-Bernadette nous a quittées le dimanche de Pâques 2012. Elle venait de fêter ses 100 ans avec nous et avec sa famille venue la visiter. Quelle joie ce fut pour elle, pour nous ! … Elle redoutait ce centième anniversaire et elle l’attendait aussi. Elle s’étonnait d’être encore sur la terre à cet âge avancé : ’jusqu’à quand ?’ disait-elle. Oui, Dieu seul connaît l’heure. Jusqu’au jour lumineux de sa Pâque, elle est restée tournée vers les autres, priant pour sa famille, ses amis et ceux qu’elle ne connaissait pas, priant pour chacune de ses sœurs, pour la Congrégation... Au cours des semaines qui ont précédé son grand passage, elle aimait partager ses souvenirs, nous montrer les photos qu’elle aimait, revisiter les grands moments de sa vie… Elle se préparait à la Rencontre et partageait. En ces instants, tout fut grâce. Gardant l’esprit vif et le cœur ouvert jusqu’au bout elle a vécu difficilement la grande dépendance physique mais s’est peu à peu abandonnée entre les mains de ses sœurs, des aides de l’ADMR ou d’AD51. Elle s’est abandonnée sans abandonner.

« Je me plains, disait l’une de nos aînées et pourtant je suis bien ici, j’habite un lieu confortable, je suis entourée, aidée, soutenue… je pense à tous ces gens qui vivent et souffrent seuls ». Oui, autant que nous le pouvons, nous accompagnons nos sœurs, jour et nuit, jusqu’à leurs derniers instants, lieu privilégié, lumineux où s’exercent et se partagent la charité, la foi et l’espérance. Pourtant, deux d’entre nous ont dû quitter le monastère, et bénéficient de ce même accompagnement grâce à nos sœurs Ursulines de Saint-Saulve, près de Valenciennes et le personnel de la maison Merici.

Vigile Pascale À travers nos aînées, en particulier S. Beata et S. Vincent, le Seigneur nous comble, Il nous donne de vivre des moments de grande communion fraternelle, dans l’écoute et l’accueil de l’autre. Nous voudrions bien sûr demeurer auprès de chacune pour le temps qu’elle demande, et nous nous relayons pour offrir autant que possible gratuitement ce temps. Cet accompagnement ne va pas toujours de soi. Ce qui apparaît souvent à nos yeux, c’est la vivacité du chemin spirituel, jusqu’au bout, même quand le corps « lâche »… Et si ce « chemin-avec » est parfois rude pour l’une ou l’autre, nous nous rappelons que chacune fait de son mieux, tant la soignante que la soignée, et que le Seigneur nous donne l’une à l’autre, dans un geste, une parole, un sourire ou un simple regard. Oui, nous sommes témoins, les unes pour les autres, de cette présence à Dieu, de cette présence de Dieu, discrète, qui se laisse parfois deviner.

Sœur Marthe

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