Bénédictines de Sainte Bathilde

Pâques de notre Soeur Beata et notre Soeur Lucie

mardi 29 mars 2016

Avant que ne se lève l’aube pascale, notre Soeur Beata est retournée à Dieu au matin du samedi saint

et le lundi de Pâques notre Soeur Lucie allait la rejoindre à la Maison du Père

Avant que ne se lève l’aube pascale,

notre Soeur Beata WINKLER

est retournée à Dieu au matin du Samedi saint, pendant que nous chantions le psaume 15. Née le 31 décembre 1923 en Autriche, elle reçut dans sa famille, et en particulier de son père, une formation musicale approfondie. D’ascendance juive, dans l’Autriche occupée par les nazis, elle garda pendant une grande partie de sa vie le sentiment vif de l’humiliation vécue par les siens.Après ses études aux Beaux-arts, elle vint se perfectionner à Paris, et fut logée chez nos soeurs à Vanves. Elle aima la monastique telle qu’elle la voyait vécue par la Communauté, et demanda à s’y engager. Elle fit sa première profession le 8 décembre 1956.

Tout en travaillant aux ateliers du monastère, en particulier à l’Atelier de Vêtements Liturgiques, elle se mit peu à peu à la création de batiks, une technique héritée de l’Inde, à laquelle elle s’était initiée en Autriche. Le renou-veau liturgique entraînant des transformations d’églises et de chapelles, un bon nombre de paroisses et de communautés firent appel à Sr Beata, en particulier pour donner vie et beauté aux espaces laissés vides là où on de-vait avancer l’autel. Elle développa son art tout au long des années ; c’est dans les grandes compositions, qu’elle donna toute sa mesure.

A Vanves elle s’était initiée à l’orgue ; à Saint-Thierry à partir de 1968 elle commença à accompagner sur la cithare l’Office en français à ses débuts. Il fallait créer de nouvelles antiennes : à partir de 1971 Sr Beata participa avec joie à l’atelier Victor Martin, ainsi qu’au groupe des chantres, où elle apportait sa compétence et sa grande originalité. La profondeur de sa foi et transparaissait dans ses compositions musicales comme dans la beauté de ses oeuvres ; tout venait de l’intérieur.. Elle ne s’attribuait rien de ce qu’elle réalisait : elle en rendait gloire à Dieu tout naturellement

Assez souvent portée à se croire persécutée, elle ne fut pas toujours facile… mais sa bonté profonde lui permettait de dépasser ses réactions. Avec une humilité bouleversante, elle acceptait les remarques de ses soeurs sur ses compostions. Elle était toute donnée à sa communauté, aussi bien dans les services quotidiens les plus humbles que dans ses plus belles créations. Elle faisait preuve aussi d’une grande capacité à réjouir les fêtes de la communauté, sachant user du français avec finesse et en mettant son humour dans une fausse « étrangèreté » !

Sa grande joie fut d’aller mettre son art au service de nos monastères de Toffo (Bénin) et de Joffreville (Madagascar). A Toffo, elle dessina les portes de l’église du monastère et créa avec un jeune sculpteur du Bénin un chemin de croix qui s’achève sur un merveilleux Christ ressuscité. Avec le grand âge, elle perdit peu à peu ses repères, et oublia ses craintes. Elle s’abandonna avec confiance et témoigna aux personnes qui lui venaient en aide beaucoup de bonté et de joie. Sa capacité d’émerveillement s’amplifia et devint un leit-motiv’. La lumière de son regard touchait beaucoup de personnes qui la croisaient à la chapelle dans les dernières années : elle souriait à tous ceux qui l’abordaient. Sa joie fut notre ré-confort et une invitation à nous émerveiller avec elle Nous rendons grâce pour ce que nous avons reçu d’elle.

Dans la lumière pascale, notre Soeur Lucie Yvette Baucheron est retournée à Dieu le lundi de Pâques 28 mars 2016

Née le 5 février 1924 à Neuilly-Plaisance, elle fit une première entrée à Vanves en 1942, en pleine guerre, mais son père vint la chercher manu militari ; elle revint dès qu’elle eut atteint ses 21 ans. Elle fit profession en 1948. Joyeuse et manuelle, efficace et ouverte aux autres, elle se donna aux travaux de la maison ; elle était en particulier une aînée affectueuse et compréhensive pour les jeunes soeurs dont elle surveillait l’apprentissage à la cuisine.

En 1966, elle rejoignit les premières soeurs envoyées au Bénin pour la fondation du monastère de Toffo ; mais intoxiquée par un vaccin elle faillit mourir quelques semaines après son arrivée. Elle dut revenir à Vanves pour se remettre totalement, et put faire partie de la première équipe de soeurs venues à Saint-Thierry pour aménager la maison, c’était en mai 1968… Pour sa grande joie, elle put être envoyée de nouveau à Toffo en 1972. Elle découvrit l’Afrique et s’y donna totalement, avec une grande affection, se fai-sant beaucoup d’amis. Revenue pour aider à Saint-Thierry, elle fera de nouveau de longs séjours à Toffo.

Tout en participant à la vie de la communauté à Saint-Thierry elle demanda à travailler comme infirmière dans une maison de santé auprès du monastère. Elle y fit beaucoup de bien, et prolongea cette expérience, après une formation en médecine tropicale, auprès des lépreux du centre de Lambaréné, au Gabon, pendant un an et demi. Elle pensa alors que sa santé lui permettrait de repartir pour Toffo, mais en 1984 elle y contracta une paralysie de la jambe droite et elle dut retourner en France. Il lui fallu plusieurs an-nées de rééducation. Il lui fallut des séjours à la Compassion et en maison de convalescence, avant de revenir au monastère. Elle restait attentive aux personnes et ouverte au monde. Elle a continué à accueillir tous les passants à la porterie, où elle se rendait dans son fauteuil roulant, traduisant dans son sourire et sa bienveillance l’amour du Père des Cieux. L’Evangile du Père miséricordieux (« le fils prodigue »), lui par-lait particulièrement, et elle le racontait elle-même avec toujours autant de verve, et de goût spirituel. Partout où elle est passée, sa présence attentive et souriante, un brin contestataire, a été appréciée. Sa manière de témoigner de sa foi, dans la discrétion et le respect, mais non sans persuasion, ont marqué le chemin de nombreuses personnes.

Son handicap qui s’est accentué ne nous a pas permis de la garder au milieu de nous, et les Visitandines de Boulogne, puis les Ursulines de Valenciennes ont pris le relais. Nous sommes reconnaissantes à ces communautés et au personnel d’avoir veillé sur notre soeur jusqu’au bout.

Nous les confions à votre prière afin que le Seigneur mène à son achèvement ce qu’il a commencé en elles, et vous assurons de notre prière pour vos défunts. Veillée mercredi à 20h15 au monastère. Les obsèques seront célébrées le jeudi 31 mars à 11h00 en la chapelle du monastère.

Mère Prieure et la Communauté

Monastère des Bénédictines

51220 Saint Thierry

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