Bénédictines de Sainte Bathilde

Petite Chronique de confinement.1

mardi 24 mars 2020

Chronique 1 ! C’est-à-dire que nous espérons bien continuer de vous donner des échos de notre vie "confinée" !

Beaucoup de nos amis, familles, proches, s’inquiètent de nous et demandent des nouvelles, ce qui nous touche évidemment. En retour, n’hésitez pas à donner, vous aussi, de vos nouvelles, à nous dire vos inquiétudes, à confier des intentions de prière.


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Confinées

Nous avons l’immense chance d’être dans une « cage dorée » : le monastère est grand pour la douzaine de sœurs que nous sommes, le cadre naturel est très beau. À la différence de tant et tant de personnes soudain réduites à l’isolement et à l’inactivité, pour nous, le quotidien, au fond, n’est pas vraiment différent (sinon pour l’hôtellerie et le magasin).

MAIS le quotidien est lourd de gravité, parce que nous savons que le monde autour de nous vit ce confinement, de façon souvent dramatique, parce que nous sentons l’angoisse de ces morts qui s’accroissent, de ce pic qu’on nous annonce…

À l’église

C’est évidemment là que nous ressentons très fortement que rien n’est pareil. Très vite, nous avons souhaité pouvoir retransmettre Laudes et Vêpres. Il a fallu tâtonner, « faire avec » les moyens du bord, assez réduits et puis est venue la joie de voir que « ça marche » ! Joie de la joie mutuelle, car nous recevons bien des messages qui nous remercient pour cette initiative.

Merci donc à nos techniciennes sur place, et aussi à celles et ceux du site du diocèse qui se sont démenés pour améliorer la diffusion de l’information.

Le manque le plus voyant est le même que pour tous (à l’exception des communautés qui sont dotées de prêtres !) : l’Eucharistie n’est plus célébrée. Alors, les dimanches et solennités, les confinées prennent leur bâton de pèlerins et… courent le monde !!

Jeudi dernier, nous sommes allées à Sainte Marthe célébrer Saint Joseph avec le pape. Demain, pour l’Annonciation, nous serons à Lourdes (nous ne pouvions faire mieux).

LA découverte de ces jours, celle d’une nouvelle paroisse que nous sommes en train de faire nôtre : le Jour du Seigneur !! Dimanche, nous avons vécu une Eucharistie d’une force qui nous a bouleversées. Confinement oblige, la messe n’est plus retransmise depuis une église, mais d’un studio, une première depuis 1961. Fr. Thierry Hubert, producteur du CFRT/Jour du Seigneur, avec trois autres frères dominicains, a célébré avec une restriction maximale des équipes techniques et liturgiques, dans le strict respect des mesures de sécurité et d’hygiène. Merci, les Dominicains !

Qui l’eût pensé ? Nous sommes en passe de devenir des paroissiennes dominicales de FR 2. Plus d’un million de téléspectateurs, dit le site, ont regardé la messe de l’émission Le Jour du Seigneur en direct sur France 2, soit près du double de l’audience habituelle. Nous étions du lot, avec sans doute nombre d’entre vous. Quelqu’un m’a dit : pour une fois nous irons ensemble à la messe du dimanche !!

Joli petit signe de vie : les agneaux

Depuis environ un mois, notre projet d’éco-pâturage a pris réalité avec l’arrivée de deux brebis… pleines. La semaine dernière, pour la fête de saint Joseph, s’est passé ce qui devait arriver : un agnelage. Nos pensionnaires se sont si bien habituées à nous qu’elles raffolent de se coucher ou de traîner contre nos portes vitrées, alors l’agnelage a eu lieu juste à la porte extérieure près du Chapitre, autant dire à la sortie, ou presque ! de l’église – ceux qui connaissent les lieux voient de quoi il est question et n’auront pas de mal à imaginer. Deux petits agneaux nous attendaient à la sortie de l’office ! Nous attendons l’autre heureux événement d’ici une quinzaine de jours sans doute.

Les Agneaux

Le printemps est là

La terre ignore le calendrier sanitaire et n’attend pas la fin du confinement pour réclamer son dû si nous voulons qu’elle, elle nous donne son fruit. Désherbage, soin des arbres fruitiers, plantations…

Hier, grand chantier pommes de terre. Vendredi, Sr Claire avait tracé les sillons et hier après-midi, des volontaires (elles n’ont pas manqué !) ont mis en terre pommes de terre et oignons. plantation de pommes de terre

Le travail continue donc au monastère, même si des secteurs sont, soit au chômage technique (hôtellerie, magasin), soit ralentis : poterie et confiturerie, par exemple, travaillent au ralenti.

Ce partage de nouvelles nous garde en communion : il est aussi, nous le souhaitons, la goutte que nous versons dans l’immense cuve d’eau de vie et d’espérance qui, en ce Carême étonnant, sera offerte à Pâques.

 
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