Bénédictines de Sainte Bathilde

Qui nous roulera la pierre ?

mercredi 29 avril 2020

Nous allons répéter pendant 50 jours : le Christ est ressuscité ! Comment pouvons-nous, aujourd’hui, croire que le Christ est sorti vivant du tombeau et que cela signifie qu’Il est à jamais vivant, Dieu-avec-nous à jamais, donc aussi aujourd’hui ?

Alors que nous nous heurtons souvent à la pierre qui ferme un tombeau, qui nous roulera la pierre ?

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Nous continuons la retransmission des offices :

offices

LAUDES : 7h45 VÊPRES : 17h30

COMPLIES : 19h35 (Samedi, Dimanche, Lundi)

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Qui nous roulera la pierre ?

La femme s’approche, la précipitation de son pas s’est ralentie : le jardin est là, mais la pierre devant le tombeau, qui la roulera pour que, enfin, elle touche le corps déposé il y a trois jours ?

Qui roulera, qui déplacera la tristesse de nos cœurs, qui consumera l’angoisse du monde ?

Elle est arrivée et son cœur chaviré reçoit un nouveau coup : la tombe est vide, la pierre est roulée, mais où est-il, celui que son cœur aime ?

Où est-elle, la liberté, dont on ne sait si elle est un souvenir ou un rêve ? Où vont-ils, les cris, la peur, et leur cortège de larmes ? Y a-t-il une consolation pour les sanglots des drames bien réels du monde frappé par l’épidémie ?

La femme s’est approchée et s’est penchée ; elle s’est retournée, de désespoir et d’étonnement. « Qui cherches-tu ? » Un homme lui a parlé et elle a répondu : un instant elle n’est plus seule. Mais elle ne reconnaît pas celui qu’elle cherche, celui qu’elle aime.

Une voix de nouveau : « Mariam ! » C’est Lui : tout son corps a frémi, avant de s’abattre aux pieds du Maître. C’est Lui !

Comment aujourd’hui parler de la Résurrection ? Non ce vague aujourd’hui pour dire notre siècle, mais bel et bien ce jour, bruissant de mauvaises nouvelles et d’angoisse des lendemains .

Le Christ est ressuscité ! Comment dire que nous pouvons aujourd’hui croire que le Christ est sorti vivant du tombeau et que cela signifie qu’Il est à jamais vivant, Dieu-avec-nous à jamais, donc aussi aujourd’hui ?

Il y a des cris de triomphe blessants comme des couteaux ; il y a des Alleluia frais comme des eaux d’espérance. Il y a des mains qui s’imposent ; il y a des gestes doux et des présences consolantes qui disent, sans mots parfois, que le Christ est au milieu de nous.

La Résurrection est remise entre nos mains, confiée à nous pour qu’elle devienne crédible. Folie ? Sans doute, mais Dieu ne fait pas semblant de s’incarner, alors c’est jusqu’au bout qu’il s’en remet à nous.

Dans un monde affolé de solitude, ce sont des con-solateurs qui diront que Dieu EST là. Il n’a que nos mots, nos gestes, nos sourires, nos silences pour consoler.

Dans un aujourd’hui qui s’emballe, retentit la voix d’Etty Hillesum : « Prière du dimanche matin. Ce sont des temps d’effroi, mon Dieu. Cette nuit, pour la première fois, je suis restée éveillée dans le noir, les yeux brûlants, des images de souffrance humaine défilant sans arrêt devant moi. (…) Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparaît de plus en plus claire : ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider ; et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes. C’est tout ce qu’il nous est possible de sauver en cette époque et c’est aussi la seule chose qui compte : un peu de toi en nous, mon Dieu. Peut-être pourrons-nous aussi contribuer à te mettre au jour dans les cœurs martyrisés des autres. »

Le Christ est ressuscité des morts ; par sa mort, il a vaincu la mort. À ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie !

La femme, aux pieds de Jésus, frémit de soulagement ; la consolation va la remettre debout : « Va trouver mes frères et dis-leur… » Oui, va annoncer que tu m’as vu, que je t’ai appelée et que je les fais, avec toi, témoins de la bonne nouvelle !

« Mon Dieu, prévient Etty Hillesum, Tu connaîtras sans doute aussi des moments de disette en moi, où ma confiance ne te nourrira plus aussi richement, mais crois-moi, je continuerai à œuvrer pour toi, je te resterai fidèle et ne te chasserai pas de mon enclos. »

Au sommet du Mont Moriah, Abraham découvrit l’inattendu, dans le regard d’Isaac vivant. Dans le Jardin de la Tombe, Marie-Madeleine reconnaît le Vivant qu’elle n’osait plus attendre.

Dans les galères de tant d’existences, les Golgotha de nos sociétés, mais les jardins aussi, Dieu attend.

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Beaucoup nous confient des intentions de prière. Nous vous proposons de les présenter avec nous au Seigneur.

Même si, par souci de discrétion et de respect, nous ne citons pas ici de noms (Dieu, lui, connaît chacune de ces situations), ils sont relevés et nous en faisons mémoire dans la prière communautaire et personnelle. Le vendredi soir, aux Vêpres, la liste en est lue à haute voix.

Il y a beaucoup de situations : jeunes et moins jeunes en difficultés diverses, personnes âgées en EHPAD, couples dont l’un est porteur du virus... Et nous ajoutons l’interminable liste des victimes du Coronavirus et celle des soignants et aidants.

N’hésitez pas à nous envoyer des noms : nous en tenons à jour la liste.

 
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