Bénédictines de Sainte Bathilde

RB07/10-18 « De loin, tu connais mes pensées »

vendredi 1er mai 2009

Règle de St Benoît - Chapitre 7 : devenir humble

10 Le premier échelon de l’humilité pour un moine, qui a toujours devant les yeux le respect confiant envers Dieu, c’est de fuir absolument l’oubli.

11 Il se rappelle à tout moment tout ce que Dieu commande. Il pense sans cesse : ceux qui méprisent Dieu seront loin de lui pour toujours à cause de leurs péchés, et une grande souffrance les brûlera comme un feu. Au contraire, ceux qui le respectent avec confiance Dieu les prépare à vivre avec lui pour toujours.

12 A tout moment, ce moine évite les péchés et les graves défauts : ceux des pensées, de la langue, des mains, des pieds, de la volonté égoïste. Il évite aussi les mauvais désirs du corps.

13 L’homme doit être tout à fait sûr qu’à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux. Partout, Dieu voit ce que l’homme fait et, sans cesse, les anges lui en rendent compte.

14 Le Prophète nous fait voir cela. Il montre que Dieu est toujours présent à nos pensées et dit : « Dieu regarde au plus profond des reins et des coeurs » (Psaume 7, 10).

15 Et encore : « Le Seigneur connaît les pensées des hommes » (Ps 93, 11).

16 Il dit aussi : « De loin, tu connais mes pensées »(Psaume 138, 3).

17 Et : « Les pensées de l’homme sont très claires pour toi » (Psaume 75, 11).

18 Alors, pour surveiller ses pensées mauvaises, le vrai moine 1 dira toujours dans son coeur : « Je serai sans faute devant Dieu, si je fais attention à ne pas pécher » (Psaume 17, 24).

Nous avons commencé à lire le chapitre de l’Humilité, après les chapitres de l’obéissance et du silence, à la lumière de la Passion de Jésus.
Nous le continuerons à la lumière de Pâques.

Les premiers versets du Premier échelon de l’humilité nous appellent à garder sans cesse le souvenir de Dieu, à vivre déjà avec lui pour toujours cette vie éternelle que nous donne la Foi, ainsi que le dit la première étape du Baptême.

Le brigand demandait simplement à Jésus de se souvenir de lui.
Dieu désire que nous nous souvenions de lui, parce qu’il se souvient sans cesse de nous, parce que son regard est posé sans cesse sur nous. De Lui seul nous pouvons dire « Il me connaît », seul il connaît le cœur de chacun et de chacune, seul il connaît de loin nos pensées. C’est ce que nous dit la citation du Psaume 138.
Ce psaume, l’Église le met dans la bouche du Christ au matin de Pâques dans l’introït de la messe : « Je m’éveille et je suis encore avec toi… tu as mis ta main sur moi ».
Et Jésus dit de lui-même : « nul ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » et « nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils » ; c’est le mystère de sa Pâque de nous faire entrer dans cette intimité : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ».

Nous souvenir sans cesse de Dieu dépasse toutes nos capacités ; pour que ce souvenir soit inscrit au fond de notre être, le Christ nous a laissé un sacrement mémorial de sa passion et de sa résurrection, mémorial : c’est-à-dire souvenir qui rend présent réellement.
Saint Basile nous le dit dans son « Portrait du chrétien » « Quel est le propre de ceux qui mangent le pain et boivent la coupe du Seigneur ? De garder la mémoire perpétuelle de celui qui est mort pour nous et est ressuscité. Le propre de ceux qui gardent une telle mémoire ? « Qu’ils ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour celui qui est mort pour eux et est ressuscité. » (2 Cor. 5, 15)

Mère Lazare à Vanves, pendant l’Octave Pascale

 
© 2017 - Congrégation Sainte-Bathilde | Contact par email |  Mentions légales