Bénédictines de Sainte Bathilde

RETRAITE DES OBLATES

mardi 6 septembre 2016

En ce mois d’août, nos oblates ont, une nouvelle fois, partagé un temps privilégié entre elles et avec nous.

RETRAITE DES OBLATES AU MONASTÈRE

Au mois d’Août a eu lieu la retraite des oblates de notre monastère, retraite prêchée par le père Michel LARRICQ de l’abbaye de Tournay. Pour l’occasion, deux nouvelles jeunes mères de famille, « regardantes », intéressées par l’oblature, s’étaient jointes à nous.

L’évangile de saint Luc occupa ce temps, qui débuta par un enseignement sur la miséricorde en cette année bien nommée. Comment ne pas évoquer cet « amour matriciel » (rahamim), un amour entre Dieu et le fidèle et un amour entre tous les hommes, tous les frères ?

Cette miséricorde s’exprime dans l’évangile de saint Luc, par la conversion, (metanoia, techouva) ; par la vie en communauté où l’on écoute la Parole de Dieu, on communie ensemble, on pratique l’amour fraternel et le culte (fraction du pain) ; dans les services dans la communauté (ecclésia). Luc, n’est-il pas « le scribe de la douceur de Dieu » ?

C’est à travers les miracles et les paraboles, les guérisons en Luc 5, 12 ss que nous sommes entrées dan la beauté de la création. Jésus ne s’écarte pas de ce lépreux qui crie vers lui, il n’en a pas peur ; la pureté du Christ est trop profonde pour qu’elle ait à craindre le contact du lépreux ! Car enfin, « il mange avec les pécheurs » ! Le lépreux voit Jésus et sa foi est grande : « si tu veux » … tu peux … » ! Jésus le touche : « je veux … sois pur » et « va-t’en … montre-toi… ». C’est une guérison physique et une guérison du cœur, une conversion totale, par le regard, le toucher !

Nous pouvons nous dire que dans le monde de ce temps, il y a aussi une lèpre telle que la tiédeur, la négligence, la nonchalance spirituelle, et nous devons accepter de nous laisser secouer, de nous laisser soigner ; est-ce que nous l’entendons vouloir nous secouer ? Car enfin Dieu ne nous sauvera pas sans nous. Notre monde a soif d’absolu, mais si le chrétien se tait, qui va secouer ce monde ? Dans la guérison du paralysé, (Luc 5, 17 ss), porté par ses amis sur un brancard, Jésus « voit leur foi » … la foi des porteurs suscita le rétablissement du paralysé : « tes fautes te sont remises » dit Jésus ; et remettre les péchés c’est plus que pardonner ! Mais devant le murmure de la foule, Jésus dit au paralysé « (Lève-toi) Réveille-toi et marche » (traduction de Chouraqui) ; c’est un terme de résurrection ! Ne chante-t-on pas à la profession monastique « Ô toi qui dors réveille toi, relève-toi d’entre les morts … » ?

Ainsi, le père Michel a continué à nous conduire, à travers saint Luc, à la lecture du Bon Samaritain, posant la question de : Qui est mon prochain ? le prochain est un compatriote, nous sommes invités à être le prochain de tout le monde.

Avec la lecture du fils prodigue (ou du fils perdu), (Luc 15, 11 ss), nous avons continué à voir comment Jésus toujours nous relève, nous fait revenir à la vie … Ce fils qui tout d’un coup revient à lui, retrouve ses esprits et déclare « je me lèverai donc et j’irai vers mon père » … et … « il se lève ». Le « père le voit » et « il est pris aux entrailles » … « Mon fils que voilà était mort et il revit ; il était perdu et il est retrouvé ! ». Dieu nous laisse libres du retour, Dieu est libre avec nous, mais tout péché est une rupture d’alliance avec le Père. Le fils avait déclaré « j’ai fauté » … mais son père a pardonné sans condition, il ne lui a rien demandé … « il était mort, il ressuscite » quoi de plus grand et de plus réjouissant ? Se convertir c’est entrer dans la joie de Dieu.

Dans le passage du « pharisien et du publicain », Luc 18, 9 ss, (« Le dédain des autres » le Paroush et le Gabelou, trad. de Chouraqui), il est à remarquer que le pharisien « se plante debout », il se loue, moi je … moi je … il ne demande rien dans prière, il est satisfait de lui ; tandis que le publicain « se tient à distance », lui il demande : « secours-moi, moi le fauteur » … Être conforme à la volonté de Dieu demande une rectitude, une droiture, une perfection jusqu’à la sainteté. Il ne s’agit pas de dédaigner les autres, mais d’avoir toujours un apriori de sympathie pour tout homme. La vraie conversion nécessite un retournement complet.

Le dimanche matin après l’Eucharistie, nous avons terminé avec les pèlerins d’Emmaüs (Luc 24, 13 ss) sur la route … « Nous espérions » … pourtant Dieu est toujours avec nous, est-ce que nous le voyons ? Jésus fait appel à la foi des disciples … Moïse et les Prophètes … la preuve par les Écritures, le détour par la Torah ! Oui, il s’agit de scruter les Écritures pour trouver des réponses à nos vies.

« Or, une fois à table avec eux il prit le pain » … Jésus aime les repas car c’est une acte d’humanité, c’est une réalité de corporalité de la nature de Jésus ; signe aussi de la venue des temps messianiques, du retour du Christ en Gloire ! Saint Benoît lui-même, dans le chapitre 53 « De la réception des hôtes », dit que « tous les hôtes survenant au monastère doivent être reçus comme le Christ » ; l’hospitalité est de tous les instants et le repas est constitutif de cet accueil sans condition.

Ce texte se termine par ce petit verset : « Vous, restez en ville jusqu’à ce que vous revêtiez la puissance d’en haut » Il s’agit de demeurer pour recevoir la force d’En-Haut mais après, de reprendre la route et de témoigner … jusqu’aux extrémités du monde !

Durant cette retraite, chaque matin avant l’office des Laudes, nous pratiquions une marche silencieuse, lente, méditative, à l’écoute des bruits de la nature, à l’écoute de notre cœur profond, et aussi avant la chaleur de ces jours ... Bienheureuse retraite de nos oblates.

Sœur Samuel osb

 
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