Bénédictines de Sainte Bathilde

Rencontre festive des familles spirituelles en Anjou

mardi 4 août 2015

Dans le cadre de l’année de la vie consacrée, proposée par le pape François, nous nous retrouvions le samedi 4 juillet 2015, à la Baronnerie...

immense espace de pelouses et d’arbres superbes, pour une rencontre festive et fraternelle.

Plus de deux cent chrétiens (laïcs, religieux et religieuses, moines et moniales), proches des communautés religieuses apostoliques et monastiques ; vingt « Familles spirituelles » présentes.

Ce rassemblement faisait aussi suite à la rencontre, à Lourdes, de la CORREF en 2013.

Ces « Familles spirituelles » se déclinent en groupes d’associés, affiliés, oblates, volontaires, coopérateurs, réseaux de tutelle, branches séculières, amis, fraternités etc. réalité riche et en plein essor.

Dès le matin nous arrivions toutes et tous avec des écharpes colorées autour du coup avec un large sourire et déjà bien de la joie de cette perspective fraternelle des religieux et laïcs de tous bords !

Cinq oblates de notre monastère, toutes du diocèse, étaient présentes.

L’ouverture se fit par la prière et des chants :

ECCLESIA, Eglise en fête, peuple rassemblé par Jésus-Christ, ECCLESIA, Eglise en fête, chante les merveilles de ton Dieu !

Suivit la présentation de chaque Famille Spirituelle (écharpes de couleur, images de nos fondateurs ou fondatrices, phrase significatives). Nous, nous avions opté pour des écharpes rouge préparées par notre sœur Monique, symbole de l’amour et du martyr ! Un portrait de notre père saint Benoît avec, à côté, notre Mère Bénédicte Waddington-Delmas notre fondatrice ; affiche fabriquée par notre sœur Pascale à Vanves ! Photo accompagnée de la phrase « Ora et labora » qui souligne bien la vie monastique telle qu’elle se vit : travail et prière. Sœur Agnès LANG fit une intervention sur le rassemblement de la CORREF à Lourdes en 2013 : « Familles spirituelles : une autre manière de faire Eglise » ; et suivirent des discussions en petits groupes qui permirent de nous connaître entre famille religieuses. Eut lieu ensuite, la photo de groupe ! Ce ne fut pas triste ! Enfin, suivi le pique-nique dehors sous les grands arbres ou au soleil ! Notre groupe partagea ses victuailles avec beaucoup de fraternité ; ce fut un moment fort sympathique entre nous. L’après-midi un spectacle, le « Désert fertile » nous rassembla à nouveau. Suivit les groupes de discussions sur différentes phrases entendues durant ce spectacle ; là aussi moment fort agréable d’échanges, de partage, de connaissance de « l’autre » différent et si proche.

Enfin, la Célébration Eucharistique eut lieu présidée par notre Evêque, Mgr Emmanuel DELMAS, avant de nous séparer heureuses et heureux de tant de fraternité simple et joyeuse. ECCLESIA ! Eglise en fête ! Heureuse Année de la vie consacrée ! Oui vraiment !

Sœur Samuel osb

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Témoignage

Lors d’une conférence de cette journée, a été mis en valeur un aspect très fort, celui de la fécondité spirituelle de congrégations au bénéfice des laïcs, alors que certaines d’entre elles vivent dans un contexte de déclin.

Vivant en proximité d’une communauté contemplative, je puis en témoigner à travers ce que je vois et dans mon expérience particulière. Un certain nombre de personnes fréquentent régulièrement ces lieux de prière, et aident bénévolement. Cela représente beaucoup pour eux, pour elles, une manière d’être proches et de vivre le service concret comme un lieu d’approfondissement et d’enracinement de leur vie spirituelle : des liens de fraternité et d’appartenance ecclésiale s’y tissent.

Après plusieurs années de cette proximité voulue, pour mettre de plus en plus en plus la prière au cœur de ma vie, tel un cadre indispensable et vital, je puis témoigner de cette fécondité en joie et en épanouissement personnel, à travers des relations riches et fraternelles.

Je me souviens qu’au début de cette expérience, j’avais eu le sentiment très fort de faire comme un plongeon à l’intérieur de moi-même et de voir combien je vivais les choses dans un regard comme venu de l’extérieur. J’ai pris conscience alors qu’il s’agissait de se tourner vers l’intérieur pour se connaître et recevoir la lumière en soi, et non plus de s’ajuster par ses propres forces et par ce qui est vu ou ressenti - long chemin de conversion à revivre !

J’ai aussi connu un sentiment de solitude et d’inutilité me demandant souvent si je ne m’étais pas trompée, ne voyant pas d’efficacité à ma vie, car on m’interpellait souvent sur le fait de faire ceci ou cela : il y a tant de besoins dans le monde, et le chrétien doit être actif là où il est ! Loin de moi de contester ceci, mais je voyais profondément que ce n’était pas chemin, mais comment savoir ?

Aujourd’hui il m’apparaît que point n’est besoin forcément de grandes choses, ni de grands engagements apostoliques, mais qu’il peut suffire de vivre le quotidien, irrigué par la grâce d’En-Haut, sur un mode familier, comme un « Nazareth ». Le voilà, au bout du compte, réchauffé par la fidélité fraternelle qui nous étonne et qui érode de jour en jour les aspérités de l’amour propre, illuminé par la grâce du pardon auquel il faut accéder et consentir par un passage pascal libérateur auquel le Christ nous invite.

Il me semble qu’en ces temps où nous sommes sans cesse conviés au changement, tant nous redoutons de nous ennuyer, il peut être important de retrouver la dimension profonde et inattendue d’une vie ordinaire avec ses joies et ses peines qui sont simplement humaines ! Un mode de vie plus simple, plus dépouillé donnant place au silence, à la prière, à autrui.

Pourquoi laisserions-nous aux seuls moines le privilège de la primauté de la prière et aux laïcs l’engagement dans le monde ? Ne sommes-nous pas appelés à renouveler ce charisme reçu de la vie monastique, dans le champ laïc pour la richesse de l’Église.

 
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