Bénédictines de Sainte Bathilde

Respect

vendredi 18 août 2006

Pour parler de ce mot qui nous est cher, citons un extrait de la Postface de Mère Lazare de Seilhac pour le livre d’Yvonne de Pourtalès (Histoire d’une vocation : Marguerite Waddington-Delmas par Yvonne de Pourtalès, chez Lethielleux 2000).
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Respect

Un jour Yvonne de Pourtalès elle-même cherchait à exprimer devant des soeurs venues de tous les monastères de la Congrégation ce qui lui paraissait être la marque propre de sa grand-mère ; un seul mot lui a paru tout dire : le respect.

Les sœurs aînées qui ont vécu avec Mère Bénédicte lorsqu’elles l’évoquent parlent spontanément de son attitude en toute circonstance : le respect. Ce respect devant le mystère de Dieu, le mystère de tout homme, le mystère des circonstances empêche de tracer des cadres d’avance.

« Respect de la majesté divine », selon l’expression de la Règle de saint Benoît, que rendait palpable la manière dont se tenait au choeur Mère Bénédicte et qui se traduit dans la primauté donnée à l’Office divin.

Respect de chaque personne, qui empêchera d’exercer aucune pression sur ceux que l’on reçoit au monastère et les laissera libres devant ce Dieu qui ne s’impose pas, mais dont la prière d’une communauté peut révéler la présence. Respect qui rendra attentif à la culture nouvelle en train de naître aujourd’hui et qu’il faut essayer de comprendre dans sa recherche la plus profonde.

Respect des frères d’autres confessions chrétiennes et de leur foi, qui fait aspirer à l’Unité, et fait chercher cette Unité dans un approfondissement commun de la Vérité reçue du Christ, respect qui inspire avant tout la prière entre Chrétiens pour que se réalise le désir du Sauveur pour les siens.

Respect de chaque peuple dans sa culture, qui ne vient pas imposer les manières de vivre d’un pays étranger, mais cherche à découvrir les multiples richesses données par le Créateur aux peuples divers, par lesquelles se manifesteront de nouvelles expressions de la foi chrétienne et de la vocation monastique.

Respect du pauvre accueilli tel qu’il est, sans la condescendance qu’inspirerait un sentiment de supériorité, mais comme un frère que l’on écoute et que l’on peut parfois aider. Il doit se sentir chez lui au monastère.

Respect des autres traditions religieuses, qui inspire aujourd’hui un dialogue avec les spiritualités d’Asie et d’Afrique. Les monastères peuvent être lieux de dialogue parce que tout y conduit à respecter le mystère.

Cette attitude de respect n’est pas l’apanage de la Congrégation fondée par Mère Bénédicte, toute l’Eglise tend à la vivre, mais nous pouvons y reconnaître une exigence constitutive de son héritage monastique.

Entre l’horizon proposé et le pas à pas quotidien, la distance est grande, mais là se situe l’appel.

 
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