Bénédictines de Sainte Bathilde

Retraite des Oblates de Martigné Briand 2011

dimanche 24 juillet 2011


La retraite cette année innova !
Faute de « prédicateurs » disponibles, après deux désistements successifs …, ce fut la responsable des oblates qui « prêcha » la retraite du 7 au 10 juillet 2011,
et ce fut une première pour les oblates et pour nous au monastère !

« La montée au fond du cœur »
(selon le titre du Journal du P. Henri Le Saux), orienta ces quatre jours de retraite vers le lieu du cœur.

Trois mystiques guidèrent cette « montée » :

Henri Le Saux osb, Thérèse d’Avila ocd et Thomas Merton ocso.

Henri Le Saux, osb (1910-1973), nous apprit à vivre seule, seule au fond de soi, dans la nudité de soi, dans cette grotte mystique, la guha dont parle les Upanishad. On monte quand on se dépouille de tout. On monte au fond quand on a trouvé le centre ; et le centre, c’est le cœur ; et pour Le Saux « L’Eucharistie est le sacrement même de cette descente dans le fond, de cette remontée à la source », c’est l’Eucharistie qu’il célébrait chaque jour qui lui donnait le sens de la réalité de ce monde. Le Saux parle d’advaïta (non-dualité)… Pour lui, le moi intérieur en tant que « parcelle divine », « image divine » en langage chrétien, a retrouvé la perfection de son origine. « Ce n’est pas l’homme, ou mieux le moi intérieur qui devient Dieu, mais c’est le don divin éveillé qui fusionne avec son donateur ». L’évacuation de « Je », du « moi » est telle que Dieu opère librement dans l’homme.
Avec Thérèse d’Avila, ocd (1515-1582), la Madre, la Santa, la perfection de l’oraison qu’est l’ « union » avec l’ « Aimé » en précisant que tout en se fondant en Lui, l’âme reste sur « son propre terrain », l’union est donc toujours une alliance de deux identités différenciées, et qui le restent : « Lui et moi ». Son être se définit par cette expérience d’altération-cohabitation avec Lui : « buscate en mi » (cherche-toi en moi » lui dit « Sa Majesté ». La Madre nous fait comprendre aussi, avec son équilibre exceptionnel et sa grand humanité, que le cheminement contemplatif, long et délicat, réclame que l’on concilie humblement les exigences de l’union à Dieu et celles de notre incarnation dans l’histoire.
Si Le Saux parlait de « montée au fond du cœur, Thomas Merton, ocso (1915-1968), parle de « montée vers la lumière » car l’Incarnation du Fils de Dieu, le Christ Jésus est au centre de la théologie spirituelle de Merton. Il s’agit de chercher Dieu dans le Christ. Mais si Dieu se trouve au fond de nous-même, il nous faut nous trouver nous-même à cette profondeur pour l’y trouver. Cette kénose par laquelle on se vide de soi est essentielle pour Merton. Mais « sortir de soi » pour Merton, veut dire aussi « se donner aux autres » dans toute la pureté d’un amour désintéressé. Ainsi, la démarche de Thomas Merton, c’est d’abord d’entrer en soi, de descendre en son centre, d’effectuer cette « montée au fond du cœur » de Le Saux, et une fois trouvé ce centre, de sortir ver les autres, de sortir vers ce monde.

La méditation du matin

Chaque jour, entre Vigiles et Laudes, une marche méditée, lente et silencieuse dans le jardin du monastère rassemblait les oblates, faisant participer ainsi le corps à la prière, mais aussi à la beauté du cosmos où, à ces moments, la nature semblait s’éveiller…. Les oiseaux qui s’envolaient ou les lapins qui détalaient du potager…

La retraite s’acheva par un pique nique avec toute la communauté, une action de grâce fort joyeuse en ce dimanche ensoleillé de la Résurrection du Christ !

S. Samuel

 
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