Bénédictines de Sainte Bathilde

Saint Bernard : L’Avent

samedi 27 décembre 2014

Aujourd’hui, Frères, nous célébrons le début de l’Avent.
Vous à qui le Seigneur révèle, comme à ses tout-petits, ce qui est caché aux sages et aux habiles,
tournez votre pensée vers ce qui concerne vraiment le salut et cherchez avec soin le sens de cet avent.

Demandez-vous quel est celui qui vient, d’où il vient et où il vient, quand et par où il vient.
Cette curiosité-là est sans aucun doute louable et salutaire :
l’Église ne célébrerait pas le présent Avent avec tant de ferveur s’il ne recelait en lui quelque grand mystère.

Et tout d’abord, avec l’Apôtre stupéfait et plein d’admiration,
regardez, vous aussi, quel est celui qui fait son entrée :
Il est, au témoignage de Gabriel, le Fils du Très-Haut, Très-Haut lui-même.
Considérez aussi, frères, d’où il vient et où il vient.
Il vient du cœur de Dieu le Père dans le sein de la Vierge Mère.
Il vient du plus haut des cieux jusqu’aux régions inférieures de la terre.
Mais quoi ? Ne devons-nous pas vivre, nous aussi, sur la terre ?
Oui, pour autant que Celui-là y reste.
Où serions-nous heureux sans lui, et pourrions-nous être malheureux avec lui ?
« Qui donc aurais-je dans le ciel ? Avec toi je suis sans désir sur la terre, Dieu de mon cœur, ma part, Dieu à jamais. »
« Même si je marche au milieu de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, si tu es avec moi. »
Maintenant, je le vois bien, tu es descendu sur la terre et même jusqu’aux enfers,
non comme un vaincu,
mais « comme un homme libre parmi les morts »,
comme une « lumière qui luit dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pu la saisir ».
Aussi son âme ne reste-t-elle pas dans les enfers, pas plus que son corps ne voit la corruption dans la terre.
Le Christ qui est descendu est aussi remonté, pour remplir toutes choses.
Il est écrit de lui : « Il est passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient captifs du démon » ;
et ailleurs : « Il sortit comme un géant pour accomplir sa course ; à la limite des cieux il a son lever et sa course atteint à l’autre limite. »

Pour ceux qui considèrent qui est celui qui vient, c’est donc une grande et ineffable majesté qui s’est manifestée.
Pour ceux qui regardent d’où il vient, c’est une grande route qui s’est ouverte.
De plus, à ceux qui portent leurs yeux vers l’endroit où il vient, apparaît une faveur inestimable et à peine croyable, car une telle grandeur a bien voulu descendre jusque dans l’horreur de notre prison.
Qui douterait encore que ce soit pour un grand motif qu’une telle grandeur ait daigné descendre d’un lieu si élevé jusqu’à un autre si misérable ?
Oui, un grand motif, en vérité : une grande miséricorde, une pitié sans limite, une charité débordante.

Et pour quoi devons-nous croire qu’il soit venu ?
C’est ce que nous avons maintenant à éclaircir.
Pour le faire, point n’est besoin de nous donner beaucoup de mal, car ses paroles et ses actions proclament bien haut le motif de sa venue :

Il s’est hâté, du haut des montagnes, pour chercher la centième brebis qui s’était égarée.
Il est venu pour nous, pour que nous reconnaissions de manière plus claire les miséricordes du Seigneur et ses merveilles pour les fils des hommes.
Admirable condescendance du Dieu qui cherche l’homme,
dignité de l’homme ainsi cherché !

Sermon 1 sur l’Avent, 1-2, 6-7

 
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