Bénédictines de Sainte Bathilde

Témoignage

samedi 2 mai 2009

J’y ai trouvé des sœurs heureuses, alors la question s’est posée :

« pourquoi pas moi ? ».

La réponse est venue toute seule, comme un fruit juste mûr que l’on cueille sur l’arbre…

Suite à ma profession perpétuelle, après un long mûrissement de sept années de ma vocation monastique, je suis sollicitée pour donner quelques échos de mon parcours. Je crois très fort qu’il s’agit, comme pour toute vie, d’une aventure !...
une aventure à la suite du Christ.
Dans ce cheminement se mêlent à la fois la cohésion, une certaine unité dans ce qui m’est donné de vivre et l’inattendu, en bref l’aventure !

L’unité, je l’ai peut-être d’abord trouvée dans le terreau familial où ma foi d’enfant a pu grandir avec suffisamment de souplesse pour la laisser s’épanouir. L’amour reçu en est sûrement le fondement.
C’est en vivant ensemble les joies et les difficultés que l’unité s’est trouvée renforcée au bénéfice de la croissance de chacun.
Cette foi d’enfant a été particulièrement marquée, chaque été, durant nos vacances dans les Alpes, par notre « pèlerinage familial » à Notre Dame des Neiges, petite chapelle perchée sur les hauteurs. Chaque mercredi, nous nous retrouvions là-haut, après deux heures de marche, pour célébrer l’Eucharistie. C’était la joie de recevoir le Seigneur Jésus dans cette ambiance si familiale !
Par ma famille, j’ai aussi reçu la sensibilité de l’attention à l’autre, particulièrement l’autre malade, souffrant, signe de la présence du Christ, qui m’a attirée vers la médecine.

A l’adolescence, le relais de ma foi a été pris par l’aumônerie du lycée avec la préparation d’un inoubliable gospel.
Et puis est venue la vie d’étudiante en médecine, avec là aussi les temps forts en aumônerie, que ce soient les randonnées dans les Pyrénées ou les week-end-retraites en monastère.
C’est à cette occasion que j’ai connu la première fois le monastère de Martigné-Briand.
Dans un même temps, j’ai découvert la communauté des Béatitudes et l’Arche de Jean Vanier qui m’ont vraiment ouverte à reconnaître toute la richesse que nous offre l’Eglise.
Là s’est approfondi, particulièrement auprès des personnes handicapées, ce qui m’a motivée pour mes études en médecine : partager le quotidien des personnes souffrantes.
Là s’est aussi creusé le désir de prendre un temps pour approfondir ma foi : je me suis donc retrouvée à passer six mois au monastère de Martigné-Briand simplement pour un temps sabbatique…
mais l’inattendu était là !
J’ai retrouvé au monastère cette même dimension du partage du quotidien de l’humanité qui m’attirait tant dans la médecine, mais cette fois par le biais de la prière et de la vie communautaire.
J’y ai trouvé des sœurs heureuses, alors la question s’est posée :

« pourquoi pas moi ? ».

La réponse est venue toute seule, comme un fruit juste mûr que l’on cueille sur l’arbre…
C’était le Oui, oui à suivre le Christ pour vivre de son intimité, parce que Lui m’a d’abord choisie pour rejoindre par la prière notre humanité.
Mystère qui me dépasse et que Dieu seul connaît.

Une fois entrée au monastère, c’est le même double mouvement qui m’habite : celui de la continuité de ma vie et celui de l’inattendu, de la grâce de l’aventure.
La vie monastique « bien réglée » ne cesse de nous surprendre, de nous bousculer pour nous provoquer à nous tourner vers Dieu seul.
Alors l’espérance ne cesse de jaillir
et l’espérance « c’est croire en l’aventure de l’Amour », faire confiance à plus grand que soi en s’abandonnant à Dieu.

Sœur Céline, de Martigné-Briand (témoignage paru dans Vendée-Vocations en 2007 à la suite de sa Profession Perpétuelle)

 
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