Bénédictines de Sainte Bathilde

Une nouvelle Prieure à Martigné !

dimanche 1er septembre 2013

Ce samedi 20 juillet, la communauté a élu sa nouvelle Prieure :

Mère Céline Guilbot.

Mère Céline a été élue, pour un mandat de six ans. Elle succède à Mère Béatrice qui a assuré ce service durant dix huit années, soit trois mandats.

"Avec le ministère spirituel confié à l’Abbé dans la Règle de Saint Benoît, la Prieure, régulièrement élue et confirmée, reçoit les pouvoirs nécessaires pour remplir sa tâche.

Pour que chaque sœur suive le Christ par la voie de l’obéissance et pour que la communauté vive la communion fraternelle, la Prieure assume le ministère de l’autorité et l’exerce, aidée de son Conseil, d’une manière personnelle."

Constitutions de notre Congrégation, Ch 4

L’élection, qui était présidée par Mère Marie-Madeleine, Prieure de Vanves, Présidente de notre Congrégation, a été précédée par quelques jours de Visite canonique, le Père Abbé Luc, de l’Abbaye de la Pierre qui Vire, étant co-visiteur.

Mère Céline, qui a fait Profession perpétuelle le 17 décembre 2006, est d’origine vendéenne.

Elle est médecin de formation.

Nous confions la nouvelle Prieure, ainsi que toute la communauté, à votre prière et votre amitié !

Nous joignons l’homélie de Père Luc, le dimanche qui a suivi l’élection.

Dimanche 21 juillet 2013, 16° T.O, Gn 18,1-10a ; Ps 14 ; Col 1, 24-28 ; Lc 10, 38-42

Sœurs et frères,

En ce dimanche, nous recevons ensemble la Parole de Dieu. Le Seigneur vient à notre rencontre pour converser avec nous et nous accompagner dans notre marche, chacun là où nous en sommes, estivants en vacances, amis de la communauté, gens du voisinage et sœurs bénédictines. Permettez-moi, ce matin, de m’adresser plus particulièrement à la communauté, au lendemain de cet évènement important qu’elle vient de vivre : l’élection d’une nouvelle prieure.

Élire une prieure dans une communauté, est fondamentalement un geste d’accueil. Geste d’écoute et d’accueil de la volonté de Dieu pour cette communauté, à ce moment précis de son histoire. On aime volontiers parler alors de l’élection d’une supérieure dans une communauté religieuse, comme d’un passage de Dieu, à la manière de ce passage de Dieu au chêne de Mambré. Comme Abraham, il s’agit alors de se rendre disponible à l’irruption de Dieu qui vient sous des traits nouveaux.

Certes, chaque sœur connait celle qui est choisie, mais en même temps, chacune va apprendre à l’accueillir de façon nouvelle désormais comme sa prieure, avec sa parole et son autorité qui pourra déplacer, voire déranger. Mère Céline, elle-même va apprendre à accueillir le choix de ses sœurs comme l’irruption de Dieu dans sa vie qui va lui demander de faire et de dire des choses qu’elle n’aurait pas imaginées, ni forcément voulues faire ou dire. Le Seigneur vient faire du neuf pour cette communauté. L’empressement d’Abraham à se mettre au service de ces trois inconnus est une belle image de ce qu’est l’accueil mutuel vécu entre la communauté et la nouvelle prieure. Abraham ne perd pas de temps, il donne les marques de l’hospitalité en lavant les pieds de ses hôtes et il offre avec les produits de son travail le meilleur de lui-même.

De même, chaque sœur se donne dans l’humilité et dans l’obéissance comme le beau geste de l’obédience le signifiait hier soir au chapitre. Chacune n’a qu’un désir, à travers l’accueil et l’écoute de la nouvelle prieure, mieux obéir au Seigneur qui est le Maitre de nos vies. Après ce geste d’humilité, M. Prieure Céline a lavé les mains de ses sœurs en signe d’humilité et d’accueil de chacune des sœurs qui lui est confiée. Elle-même se met au service de la communauté. Empressement à se mettre au service, humilité, voilà le climat de la belle rencontre vécue sous le chêne de Mambré. Voilà le climat, chères sœurs, qu’il vous faut garder et cultiver précieusement pour faire fructifier l’irruption de Dieu dans votre vie de communauté.

Dans la seconde lecture, Paul exprime en quelques mots la teneur de son ministère. « La charge que Dieu m’a confiée, c’est d’accomplir pour vous sa Parole »…Il poursuit : « Nous instruisons tout homme avec sagesse afin d’amener tout homme à sa perfection dans le Christ »…Dans l’Eglise, tout charge d’autorité est toujours une charge au service de la croissance (c’est le sens étymologique d’autorité, faire grandir) de la Parole et de la vie du Christ en chaque membre. Le service de Mère Prieure s’inscrit là aussi. En cherchant elle-même à demeurer sous la lumière de la Parole, elle va par son enseignement et par son exemple, entrainer chacune de ses sœurs et toutes ensemble, à laisser grandir la Parole de Dieu, pour que s’accomplisse le mystère du Christ.

Oui, la communauté monastique est une cellule vivante de l’Eglise. Elle a pour vocation d’actualiser le mystère du Christ, en permettant à chaque sœur de devenir pleinement fille de Dieu et toutes ensembles de devenir vivante communion dans l’Esprit Saint. Et pour réaliser cela, le Christ a besoin de serviteur de son autorité. Il témoigne alors d’une grande, je dirai presque d’une folle, confiance dans les pauvres instruments que nous sommes, comme supérieurs. Chère Mère Prieure, le Christ à travers vos sœurs vous fait confiance. Appuyez-vous sur cette confiance, dans ce beau ministère au service de la croissance de la vie du Christ en vos sœurs.

Pour finir, je voudrais m’arrêter sur l’évangile qui nous relate cette scène bien connue de la rencontre entre Jésus, Marthe et Marie. Une scène attachante dans laquelle nous nous retrouvons si bien. Et nous nous retrouvons si bien parce que nous aimerions tous être comme Marie à l’écoute du Seigneur, et parce que souvent nous nous découvrons être souvent comme Marthe, très préoccupé de nous–mêmes, de notre bon droit.

Oui, nous pouvons entendre cet évangile ce matin, comme un double appel : appel à nous mettre vraiment à l’écoute de la parole du Seigneur, et appel à nous décentrer de nous-mêmes, trop souvent inquiet et agité par nos affaires. Il ne s’agit pas de renoncer à servir et à remplir nos devoirs divers. Il s’agit de les remplir dans une attitude intérieure non préoccupée de soi, mais dans une attitude de disponibilité et d’écoute du Seigneur. Votre communauté de Martigné mesure de façon plus sensible le poids des différentes tâches à remplir. Le travail ne manque pas. Aussi la bonne volonté de toutes est requise pour que la maison soit gérée avec compétence et entrain. Chères Sœurs, cultivez ce goût de faire toute chose dans cette attitude intérieure d’écoute, de don de soi sans calcul ni préoccupation de ce que font ou ne font pas les autres. Vous tiendrez alors la meilleure part, et elle ne vous sera pas enlevée.

En cette eucharistie, le Seigneur vient nous visiter. En entourant la communauté de notre prière et de notre amitié, offrons au Seigneur, avec la reconnaissance de nos faiblesses, l’empressement de notre désir à l’écouter et notre disponibilité à le servir.

 
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