Bénédictines de Sainte Bathilde

chapitre 5, 14 - 19

samedi 9 juillet 2011

Agréable à Dieu et douce aux hommes...

Agréable à Dieu et douce aux hommes : voilà deux qualificatifs heureux pour ouvrir notre réflexion.

En effet ces deux qualificatifs indiquent bien que l’obéissance, si dure à comprendre, à vivre, est relation d’abord à Dieu, et ensuite, mais dans le même mouvement, relation entre humains. Or cette relation, Benoît la veut agréable d’un côté et douce de l’autre.

- Ce qui plaît à Dieu, voilà ce qui lui est agréable, ce qui plaît à Dieu, ce ne sont pas nos sacrifices, nos holocaustes, mais ce cœur brisé, qui se sait sauver !
- Ce qui plaît à Dieu, ce n’est pas notre esprit révolté, bafoué, mais ce cœur plein de douceur et d’humilité qui se découvre à ce point aimé !
- Ce qui plaît à Dieu ce n’est pas la force de nos poignets, mais la faiblesse de notre cœur qui crie : « viens me sauver ! ».
- Oui, ce qui plaît à Dieu, c’est ce chemin de conversion qui nous est à tous commun, chemin d’obéissance à ce que nous sommes par l’amour du cœur de notre Dieu ! Chemin de vérité sur lequel nous pouvons sincèrement reconnaître que sans Dieu nous ne sommes rien, sans Dieu, nous ne pouvons rien, sans Dieu, nous sommes des pauvres, des errants, des vagabonds capables de n’importe quel larcin qui conduit à la mort …

Mais, voilà que le chemin de l’obéissance à sa parole réoriente notre cœur, notre vie et nous tourne vers la Source d’une grande abondance, la vie en plénitude, telle que Jésus l’a vécue et enseignée. Alors, cette obéissance qui plaît à Dieu, ce sera le bonheur avec lequel nous vivrons tout instant, toute décision, tout engagement car appuyés sur sa parole, enracinés dans son amour, tendus vers son retour. Notre vie quotidienne est toute là, cachée mais bien présente… toute là, car plongeant ses racines dans ce terreau de vie spirituelle, plongeant ses racines dans la vie même du Fils. Plus nous plongerons en Dieu, plus notre obéissance lui sera agréable, car plus nous serons semblables au Fils.

Mais ce n’est pas tout, ni le tout, cette obéissance doit aussi devenir douce aux hommes.
Adjectif pour le moins inattendu… mais qui doit nous éclairer sur la qualité de nos relations humaines. La douceur est un fruit de l’Esprit. Pas d’obéissance mutuelle sans la présence de l’Esprit, sans le souffle de l’Esprit ; sans la sanctification de l’Esprit.
Prions-nous l’Esprit d’être notre guide dans toutes relations ? Prions-nous l’Esprit de nous donner à voir comment obéir ou comment exercer le service de l’autorité pour rendre possible et féconde l’obéissance ?
Car nous sommes tour à tour du côté de celui qui obéit et du côté de celui qui demande.

Comment agit l’Esprit dans nos vies ? Comment frappe-t-il à la porte de notre cœur ? Il est ce vent qui passe, ce murmure qui appelle, cette intuition qui soulève, cette paix qui réconforte, cet élan qui réoriente.
Ne passons pas de jour sans être attentifs à ses motions, sans être réceptifs à sa voix…
- voix de la Parole,
- voix des frères,
- voix des événements.

L’Esprit fait de nous des fils, des filles qui écoutent et qui obéissent, qui se mettent à l’école du Fils, l’Obéissant. «  Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la Croix. » La croix n’est pas simple objet de scandale, elle est devenue par le Fils, signe d’amour, signe de vie, plantée au cœur de notre quotidien peineux, douloureux, sans sens, parfois révoltant.
Comment faire de nos impasses des passages, si ce n’est dans et par l’obéissance à l’Esprit qui est cette puissance de résurrection jaillie du tombeau ?

Alors insensiblement, l’obéissance deviendra douce aux hommes, puisqu’elle naîtra du tombeau ouvert. Alors insensiblement, l’obéissance à la Parole de Dieu, aux hommes, aux événements, s’ouvrira à la lumière de la joie, qui fera taire tout murmure…

 
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