Bénédictines de Sainte Bathilde

de l’humilité : chapitre 7, 19 - 23

samedi 16 février 2013

Il est patient avec nous actuellement parce qu’il est bon, et il attend que nous devenions meilleurs.

Deux mots semblent s’opposer dans ce passage de notre Règle : volonté et désir. Mais s’ils s’opposent c’est sans nul doute par leurs déterminants, plus que par leur sens.

Quels déterminants mettons-nous à notre volonté et à notre désir ? A nos désirs ? Questionnement qui peut nous retenir cette semaine, sous le regard aimant de Dieu.
N’oublions pas que sommes sous l’arche d’alliance, la première arche, celle de la vie en présence de Dieu, sous le regard de Dieu. Ne quittons pas cette arche pour avancer dans notre interrogation, sinon nous risquons de chosifier notre regard, de moraliser notre réflexion, de perdre l’élan d’amour qui nous devance. Mais de cette lumière d’amour peut naître une lumière de vérité, et une lumière de sagesse qui changeront notre vie... pour qu’elle devienne plus profondément vie en Christ.

Lumière d’amour qui nous révèle la volonté du Père, la volonté du Fils : volonté d’amour, dessein d’amour dit Paul. C’est ainsi que la volonté de Dieu est désir de nous donner part à sa vie.

Notre volonté égoïste, comme la nomme Benoît, risque de nous écarter de la volonté de Dieu, car elle nous éloigne de la source. Notre volonté propre vient de nous, et le Sage la voit comme volonté détournée. Pour que notre volonté soit de Dieu, un moyen est à portée de main, la prière de Jésus : par le Pater, le cri monte du cœur du Fils et traverse le nôtre pour le tourner, le réorienter dans le mouvement filial originel. «  Que ta volonté soit faite sur la terre, comme au ciel  », oui, sur la terre et d’abord dans ma vie, dans mon cœur
Nous avons toujours la liberté de nous tourner vers le Père en puisant dans la vie du Fils, la force de l’Esprit qui murmure et en murmurant qui accomplit.

Mais cela nous conduit immanquablement au combat et au discernement...

Par là, à la configuration filiale, et donc à la dignité de fils.
Chercher la volonté de Dieu, pour ne pas nous arrêter à notre volonté propre, c’est avant tout chercher dans notre cœur profond l’élan de vie qui vient de Dieu mais qui passe par notre vie.
La volonté de Dieu n’est pas extérieure à nous, elle est inscrite au dedans de nous, comme dynamisme vital. Le bon sens, la conscience éclairée, l ’expérience sont autant de lumières pour trouver la volonté de Dieu et la mettre en pratique, réalisant ainsi notre dignité de fils.

Cherchant la vie, nous sommes confrontés à tous ceux qui peut paraître vie et qui la gâche, la détruise, désirs mauvais que Benoît, pour son temps nomme désirs de la chair.
Là encore faisons preuve de bon sens, et demandons-nous ce qui dans nos désirs conduit au Désir, celui d’être en Dieu, celui de vivre avec Dieu, celui d’être fils dans le Fils. «  Tout est possible  », dit Paul, «  mais tout n’est pas permis...  »
Oui, tout n’est pas chemin de vie, chemin de construction, chemin de résurrection. Or c’est à elle que nous sommes appelés, à la résurrection dès maintenant.

N’ayons pas peur de discerner dans nos désirs ceux qui sont lumières de résurrection et ceux qui sont pierres d’achoppement.

Inévitablement, nous rencontrons les deux sur notre route, faite de montées, de descentes, de traversées de ravins, de chutes de relèvement...Le désir de Dieu nous rejoindra au plus profond de nos gouffres, pour nous tendre la perche qui fait remonter, qui fait retrouver le chemin de la lumière... Perche tendue par un ami, perche tendue par une liturgie, perche tendue par une parole échangée, perche tendue par un coup de fil ou un mail, perche aussi à tendre... car qui sait si le gouffre de mon voisin n’est pas plus profond que le mien !

L’humilité est là en filigrane dans ce combat de la lumière et des ténèbres intérieures, dans cette marche quotidienne faite de choix et de désirs, de volonté cachée et d’élan vers le Seigneur...

Sous l’arche d’alliance, l’arche de la Présence, accueillons-nous tels que nous sommes, en chemin de peine comme en chemin de joie et avançons sous le regard aimant du Fils qui nous donne et redonne le goût de la vie, le goût du Père : «  Notre Père qui es aux cieux !  »

Ne perdons pas la main du Fils, gardons le Pater comme perche, comme bouée et comme perle d’amour... Dieu est là, il nous regarde et nous aime tendrement... Ne doutons pas du jour qui vient !

 
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