Bénédictines de Sainte Bathilde

Saint Benoît

dimanche 15 mars 2009

Benoît (vers 480 - 547) est un chercheur de Dieu.
Il n’est pas le seul ! Car au cours des premiers siècles, dans de nombreux lieux autour du bassin méditerranéen, des chrétiens cherchent comment vivre l’Evangile dans une vie retirée du monde...

Antoine, appelé « le Père des Moines » car il est le premier dont la vie sera écrite et diffusée, Pacôme qui organisa la vie communautaire, Basile, et tant d’autres.
En Occident, Martin, Colomban, Benoît...
Mais la sagesse, l’équilibre, l’humanité de la Règle que Benoît écrivit pour ses disciples la firent connaître et donc firent connaître son auteur.

Cinquante ans environ après la mort de Benoît, le Pape Saint Grégoire le Grand (540-604) écrira la vie de celui qu’il ne cesse d’appeler « l’homme de Dieu » :
« Il y eut un homme, « Béni » de grâce et de nom (Benedictus - Benoît), dont la vie respire le sacré...
Dédaignant l’étude des lettres, quittant la demeure de son père, à Dieu seul il voulut plaire ; c’est pourquoi il se mit en quête de l’habit, gage de la sainte vie.
Il se retira donc, savant sans lettres, ignorant conduit par la sagesse... » (Prologue)

En 1964, le pape Paul VI proclama St Benoît « Patron principal de l’Europe » parce qu’il a été messager de paix, opérateur d’unité, maître de civilisation et surtout héraut de la Foi et initiateur de la vie monastique en Occident. (Bref Apostolique Pacis Nuntius).

De la vie de Saint Benoît par Saint Grégoire le Grand

Chapitre 35 : Vision du monde entier dans un seul rayon de lumière.

« Une autre fois encore, Servandus était venu selon son habitude rencontrer Benoît : il était diacre et abbé de ce monastère qui avait été construit dans la région de Campanie par un certain patricien appelé Libère. En effet, il fréquentait le monastère, car cet homme, lui aussi, répandait comme une source les paroles de la grâce céleste de sorte que, comme par une sorte de courant allant de l’un à l’autre, ils s’imprégnaient mutuellement des douces paroles de la vie, et, cette suave nourriture de la patrie céleste dont ils ne pouvaient jouir encore parfaitement, ils la goûtaient du moins en soupirant après elle.
Mais l’heure du repos l’exigeant, le vénérable Benoît se retira dans la partie supérieure de cette tour où il logeait et il installa le diacre Servandus dans la partie inférieure de cette même tour et là, cela va de soi, on pouvait monter facilement et communiquer entre le bas et le haut. Devant cette tour, d’autre part, il y avait un vaste logis dans lequel les disciples de l’un et de l’autre prenaient leur repos.

Or l’homme du Seigneur, Benoît, alors que les frères reposaient encore et que l’heure des vigiles approchait, avait devancé le moment de la prière nocturne : debout à la fenêtre, il priait instamment le Dieu Tout-puissant et subitement, alors qu’il regardait dans la nuit encore profonde, il vit une lumière répandue d’en-haut chasser toutes les ténèbres de la nuit et briller d’une telle splendeur qu’elle surpassait la lumière du jour elle-même, alors qu’en fait, elle rayonnait au sein des ténèbres.
Or dans cette contemplation, une chose tout à fait admirable s’ensuivit car, en effet, comme lui-même l’a raconté ensuite, le monde entier, comme rassemblé sous un seul rayon de soleil, fut offert à ses yeux.
Comme ce Vénérable Père fixait les yeux avec intensité sur la splendeur de cette lumière éclatante, il vit l’âme de l’évêque de Capoue, Germain, transportée par les anges au ciel dans une sphère de feu.
Alors, voulant que quelqu’un soit avec lui le témoin d’un tel miracle, il appela le diacre Servandus par son nom à deux et trois reprises en poussant une forte clameur. Et comme celui-ci était troublé par cette clameur inhabituelle chez un tel homme, il monta, regarda et vit un petit reste de lumière : il était stupéfait d’un tel miracle ; alors l’homme de Dieu lui raconta point par point ce qui s’était produit et aussitôt il demanda à Théoprobe, homme religieux du bourg fortifié de Cassin de se rendre la nuit même à la ville de Capoue pour savoir ce qui était arrivé à l’évêque Germain : l’envoyé le trouva déjà mort, et poursuivant sa recherche avec soin, il découvrit que son trépas s’était produit au moment même où l’homme de Dieu avait eu connaissance de son ascension.

Pierre : Chose tout à fait admirable et terriblement étonnante ! Bien plus : qu’on puisse dire que le monde entier fut offert à ses yeux, rassemblé pour ainsi dire, dans un seul rayon de soleil, cela je ne l’ai jamais expérimenté ! Et par conséquent, je ne saurais même pas me le représenter. Car suivant quel ordre de choses peut-il bien se faire que le monde entier soit vu par un seul homme ?

Grégoire : Retiens bien, Pierre, ce que je te dis : Pour l’âme qui voit le Créateur, toute créature paraît bien exiguë. En effet bien que cette âme n’ait contemplé qu’un faible rayonnement de la lumière du Créateur, tout le créé se réduit pour elle à de petites proportions, car par la lumière elle-même de cette vision intime, le sein de son esprit s’élargit et son cœur grandit tellement en Dieu qu’il se tient élevé au-dessus du monde.
Qui plus est, l’âme du voyant quant à elle, se trouve au-dessus d’elle-même. Et lorsque, dans la lumière de Dieu elle est ainsi ravie au-dessus d’elle-même, elle s’amplifie intérieurement ; alors elle jette un regard au-dessous d’elle et elle comprend, dans cet état d’élévation, combien tout le créé est petit, alors que, dans son abaissement, elle n’arrivait même pas à le saisir. Ainsi donc, l’homme qui contemplait ce globe de feu et qui voyait les anges en train de remonter au ciel, ne pouvait voir ces choses, sans aucun doute, que dans la lumière de Dieu. Qu’y a-t-il d’étonnant, dès lors à ce qu’il vît le monde rassemblé devant ses yeux, alors que, élevé dans la lumière de l’esprit, il se situait déjà hors du monde ?
Par ailleurs, quand je dis que le monde était rassemblé devant ses yeux, ce n’est pas que la terre et le ciel se fussent contractés, mais que l’âme du Voyant s’était dilatée, elle qui, ravie en Dieu, put voir, sans difficulté, tout ce qui était au-dessous de Dieu.
Ainsi donc, en union avec cette lumière qui jaillissait devant ses yeux, à l’extérieur de lui-même, il y avait, dans son esprit une lumière intérieure qui, parce qu’elle ravissait l’âme du Voyant vers les hauteurs, lui montrait combien étaient exiguës toutes les réalités d’en bas.

Pierre : Il me semble qu’il m’a été utile de n’avoir pas compris tout de suite ce que tu m’avais dit puisque ma lenteur a permis, de ta part, un exposé aussi développé. Mais maintenant que mon intelligence a été abreuvée des explications tellement limpides que tu as infusées en elle, je te prie de reprendre la suite de ton récit... »

 
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