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Mère Bénédicte et l’origine de la Congrégation

 

 

 

 

 

 

 

 

Mère Bénédicte

Autographe de Mère Bénédicte

A l’origine de la Congrégation, la recherche spirituelle d’une femme protestante au début du vingtième siècle. « C’est Dieu qui a tout fait » dira-t-elle à la fin de sa vie.

Beaucoup de ses intuitions pour une vie monastique féminine ouverte et forte, beaucoup des réalisations initiées à Vanves, seront confirmées dans leurs grandes lignes par le Concile Vatican II. Comme d’autres en même temps qu’elle, elle peut être considérée comme pionnière.

Dans sa recherche spirituelle qui la conduit vers l’Eglise  Catholique Madame Delmas en vint peu à peu à se lier à la famille bénédictine par l’oblature séculière alors en plein renouveau.

Le 11 juillet 1918, elle fait son oblation pour l’abbaye de Ligugé car seules les abbayes masculines ont à cette époque la faculté d’avoir des oblats et oblates.

Elle prend le nom de Soeur Bénédicte. Elle n’envisage nullement alors une vie religieuse.

  En août de la même année, à l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers, participant pour la première fois à toutes les heures de l’Office, elle découvre la prière liturgique qui deviendra le cœur de sa vie. C’est alors que s’éveille le désir de se donner tout entière à Dieu. Elle s’en ouvrira le 11 novembre 1918 à dom Besse.

Celui-ci songe immédiatement à une oblature régulière. Il rêvait de voir se créer des maisons où des femmes auraient mené la vie bénédictine, centrée sur la célébration de l’Office divin, dans un cadre ouvert « où des âmes de bonne volonté pourraient trouver lumière et conseil » et être initiées à la prière liturgique.

A travers divers tâtonnements, un essai prend forme au cours de 1919 avec un groupe de quelques oblates qui s’installent à Paris dans un petit hôtel particulier de l’avenue de Ségur.

On ébauche des statuts de l’oblature régulière. Mais l’archevêque de Paris n’est pas favorable à cette création nouvelle.

La maladie oblige dom Besse, qui résidait jusqu’alors à Paris, à rejoindre son monastère à Chevetogne. C’est une période difficile pour Sr Bénédicte. Elle va passer Noël à Chevetogne. Le Père Abbé dom Gaugain lui fait rencontrer Gabrielle Richard, oblate de Ligugé, la future Mère Marie-Scholastique. Pour toutes deux un noviciat canonique est envisagé dès ce moment.

Mais que se passera-t-il après ce noviciat ? Dom Delatte, abbé de Solesmes, et dom Gabarra, Prieur de Sainte Marie de la Source à Paris, manifestent leur sympathie à l’œuvre naissante mais ne peuvent s’engager tant que l’archevêque de Paris ne la reconnaît pas.

Sr Bénédicte marche dans la nuit et ce sera, semble-t-il, le propre de sa fondation, les projets personnels devant s’effacer pour adopter un pas à pas dans la foi. Le 26 juillet 1920, dom Besse s’éteint à Chevetogne. Dom Gaugain promet alors à Sr Bénédicte un appui inconditionnel, même s’il ne peut rien officiellement. C’est pour elle une indication de Dieu.

La décision d’un noviciat canonique est alors prise fermement.
A l’automne, la Mère Abbesse de Jouarre accepte d’accueillir Sr Bénédicte et Sr Marie-Scholastique pour recevoir la même formation que les novices de l’abbaye. Ce noviciat entrepris par une femme de 51 ans, sans savoir si au terme l’Oblature serait approuvée, sans aucune certitude pour ce qui suivra, est un acte de foi pure. Cependant depuis septembre, Paris a un nouvel archevêque, le futur Cardinal Dubois, qui s’intéresse à la fondation et croit en l’avenir.

Le Père Prieur de Sainte Marie de Paris assistera directement la jeune communauté.

Dom Gabarra vient à Jouarre préciser les projets avec les futures Oblates. Sr Bénédicte résume ainsi les conclusions de leurs entretiens : « En quelque sorte, plutôt la vie des moines que des moniales. Le Père Prieur voit l’Oblature comme un besoin de notre époque. »

Le 30 novembre 1921, le Père Prieur reçoit la profession des deux oblates à l’offertoire de la messe conventuelle.

Le 2 janvier 1922, elles s’installent avenue de Ségur. Madame l’Abbesse de Jouarre conduit elle-même à Paris deux de ses moniales qui feront office pendant quelques mois l’une de supérieure, l’autre de maîtresse des novices. Le 20 mars, dom Fulbert Gloriès, moine d’En Calcat et futur abbé de la Pierre-qui-Vire, amène la première postulante.

Au début de 1923, les Sœurs sont au nombre de sept. Elles célèbrent intégralement l’Office divin. 
La maison est ouverte à diverses formes d’accueil : réunions mensuelles d’oblates séculières, initiation à la liturgie, préparation d’adultes aux sacrements qui sont célébrés dans la petite chapelle.

En janvier 1924, dans cette chapelle aussi est instituée pour la première fois à Paris l’octave de Prière pour l’Unité des Chrétiens

Cependant les Oblates régulières ne constituent encore qu’une « Pieuse Union ».

Le 26 janvier 1923, dom Gabarra a adressé à Rome une supplique pour obtenir le statut de Congrégation religieuse diocésaine ; aucune réponse.

En octobre 1924, nouvelle démarche, même silence. Dans bien des milieux d’Église on n’envisageait pas encore qu’il soit possible pour une communauté bénédictine féminine de pratiquer dans le cadre de l’hospitalité ce que l’on appelle aujourd’hui le partage des valeurs monastiques, mais qui portait alors le nom équivoque d’« oeuvres ».
Temps d’épreuve pour la communauté.

Un événement imprévu va orienter le cours des choses sur une voie qui n’avait pas été envisagée, mais se révèlera ensuite chemin de Dieu :
Le 28 février 1926, Pie XI dans l’Encyclique Rerum Ecclesiae s’adresse aux moines : « Nous exhortons vivement les Supérieurs généraux des ordres contemplatifs à introduire et étendre de plus en plus dans les pays de mission cette forme de vie plus austère en y fondant des monastères. »  

Le 4 juin 1926, une troisième supplique adressée à Rome exprime ce vif désir de répondre à cet appel dès que les circonstances le permettront.

Le 24 juin 1926, seulement trois semaines plus tard, la Sacrée Congrégation des Religieux autorise le nouvel Institut, sous le nom d’Oblates missionnaires de saint Benoît.

Le 15 août 1926, Le Cardinal Dubois signe le décret d’érection.

Le 27 septembre, Mère Bénédicte et Mère Marie Scholastique pourront prononcer leur profession perpétuelle.

La maison de l’avenue de Ségur devient le
Prieuré Sainte Bathilde.

Le début de l’histoire de la communauté de Vanves correspond à celle de la naissance de la Congrégation jusqu’en 1934 où la fondation d’Ambositra à Madagascar donne à Vanves un visage de communauté en communion avec une autre.

Entre 1922 et 1928, la communauté de l’Avenue de Ségur à Paris se développe, il faut des locaux plus vastes. En juin 1928 elle s’établit à Vanves qui est alors une banlieue très champêtre.

Le 21 avril 1934, le Cardinal pose la première pierre d’un vaste monastère conçu par Dom Bellot Une semaine après, c’est la célébration de départ des quatre sœurs qui vont fonder à Madagascar le monastère d’Ambositra. Cette première fondation dessine la physionomie de celles qui suivront : enracinement dans l’Eglise locale, respect des traditions culturelles, travail conforme aux conditions du pays, l’hospitalité fait partie intégrante de l’observance. La vie des deux Prieurés va se dérouler parallèlement.

La communauté de Vanves est alors fortement marquée par le désir qui habite les coeurs : soutenir la croissance de la vie monastique dans les jeunes Eglises. En même temps, elle suit et porte dans sa prière tous les grands courants de la vie de l’Eglise de cette époque.

L’hôtellerie reçoit dès le début des retraitantes et des groupes qui viennent partager le silence et la prière de l’Office.

Le 28 mai 1949 a lieu la dédicace (consécration) de l’église du monastère. Cette célébration devait être présidée par le Cardinal Suhard, archevêque de Paris (Vanves fit partie du diocèse de Paris jusqu’en 1966, date de création du diocèse de Nanterre). Celui-ci gravement malade ne put venir, il devait décéder quelques jours après. Il fallut donc chercher un remplaçant ! On conseilla de demander au Nonce Apostolique qui accepta aussitôt. C’est ainsi que l’église du Prieuré de Vanves fut consacrée par Mgr Angelo Roncalli, le futur Jean XXIII.

Mère Bénédicte s’éteint à Vanves le 1er février 1952.