En famille, en chemin !
Dimanche de la Sainte Famille, famille en chemin : Joseph ouvre la marche, marche forcée pour fuir, marche forcée pour rentrer, marcher consentie dans l’obéissance de la foi… nouvelle foulée en chemin de vie bien réelle ! Avec les jeunes d’Europe en chemin vers Paris, comment suivre ?
D’abord, écoutons et contemplons.
« Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et fuis en Egypte ! »
« Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et retourne… ! »
L’obéissance de Joseph ne suscite-t-elle pas étonnement et admiration ? Il sauve l’enfant de la mort, mais pas ceux de Bethléem massacrés par Hérode. Il ramène d’Égypte l’enfant sain et sauf, mais il mourra pendu au gibet d’une croix. Joseph, à l’écoute de son Seigneur, agit en gardien de l’enfant confié, en époux de Marie par Dieu donnée. Il tient sa mission en tension au milieu des tensions de la vie. Place unique dans l’histoire du salut, Dieu passe par son obéissance pétrie de silence et de solitude, de secret et de labeur.
Obéissance de chaque instant qui engage toute sa vie, mais aussi celle de l’enfant et de sa mère.
Obéissance d’un cœur à l’écoute d’un ailleurs que lui-même qui le saisit, de nuit, pour lui faire traverser des nuits, nuits de violence et de haine, nuits de massacre et de non-sens, nuits de recherche et de marche à tâtons, une nuit banale s’il en est.
Obéissance peu banale, pas moins de trois songes, dans l’oubli de soi, dans le souci des autres, de l’Autre, qui donne tellement au-delà de ce que les hommes peuvent donner, au-delà de ce que les hommes peuvent comprendre.
Et Marie ?
Marie suit et se laisse conduire, protéger, aimer.
Obéissance d’un Oui qui s’épanouit en salut pour l’humanité !
Obéissance qui déracine pour mieux enraciner dans l’Imprévu de Dieu,
Obéissance d’un cœur docile, blessé d’amour gratuit, instruit de la Parole qui s’enfouit.
Pas Marie sans Joseph, pas Joseph sans Marie … voilà bien la clé du Mystère ! Dieu passe par l’obéissance de Marie, par l’obéissance de Joseph, par leur obéissance mutuelle, pour se donner et sauver l’humanité. En foulée d’obéissance, l’âne suit.
Et l’Enfant ?
L’Enfant ne bouge pas, il ne dit rien, il n’est qu’impuissance,
Il n’est que signe d’amour, signe plus fort que toute peur, toute incertitude, toute violence, toute mort,
il est source de folle fuite, de folle espérance, de fol amour !
Il est en fait le centre de la sainte famille et par là fait encore signe, aujourd’hui !
Où est la véritable source de nos familles ? Creusons à la lumière du Mystère de l’Incarnation nos puits pour parcourir le chemin de la vie. Comment creuser ces puits de vie et de fidélité, ces puits d’espérance et de croissance ?
Jésus fait signe, assis sur un ânon ou au bord d’un puits
en chemin, il nous attend
en chemin, il nous précède, avec Marie et Joseph, et qui suit ?
Le Chien de Tobit ?
