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Multitude : bond de côté !

Jésus se retire en solitude avec ses disciples, journée de retrait près de la mer. Que se passe-t-il ?
« une grande multitude de gens le suivirent. »
 » Il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher « 

Jésus se retire au bord du lac, mais son passage ne passe pas inaperçu et de bouche à oreille, la foule se constitue, la foi se répand, le feu bondit de proche en proche et le repos part en fumée…

Il se retire mais il attire. Difficile retrait, la nuit seule reste inaccessible.  Ce ne sont pas seulement les guérisons, pas seulement son enseignement, pas seulement le pain et les poissons qu’il multiplie, qui font qu’une multitude nombreuse se précipite. C’est Lui, Jésus. Sa personne attire. Comment sommes-nous attirés ? Non séduits.

C’est Lui que beaucoup cherchent. Chacun brûlé de désirs, plus ou moins connus, avouables, même les esprits mauvais se mettent à crier. Et chose étrange, eux de façon plus ajustée à la réalité de qui est Jésus…

Ils ouvrent une brèche dans nos certitudes. Pourquoi Jésus les fait taire systématiquement ? Lui annonce la Bonne Nouvelle du salut, et il ne veut pas que les esprits mauvais proclament qu’Il est Fils de Dieu ? Paradoxe du commencement qui dure. Bond de foi de feu.

Le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes ni des esprits mauvais. Jésus sait que le temps de la plénitude de la connaissance du Mystère n’est pas arrivéC’est le temps du bord de mer. Le temps de la barque prête.

Sa mission ne fait que commencer, il doit parcourir les routes humaines, routes qui le feront passer par Gethsémani, par la mort, par le tombeau, la pierre roulée, la nuit, et au Jour, ce matin de Pâque : la vraie connaissance que l’Esprit de Pentecôte dévoilera dans le temps.

Le temps du bord du lac, c’est le temps de la précipitation pour l’approcher, pour l’écouter, et non pour le saisir, non pour l’enfermer dans un titre ou dans un savoir. Le temps du grain qui meurt, le temps du bond en profondeur.

Le temps du bord du lac, c’est aussi notre temps. Le temps de la foi qui nous met en contact avec Dieu ; le temps des incertitudes et des vagues, du mal de mer et de l’horizon désiré, de l’inconnu, des rencontres inattendues, le temps pour l’unité entre chrétiens.

Le temps du bord de lac ?
Le temps de la connaissance du Vivant,
qui échappe en mystère d’amour,
Bond de feu…
Tous prêts de la barque, elle est à quai, celui du jour !

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/01/multitude-bond-de-cote.mp3