Des miettes à … ?
Nous nous souvenons de ces miettes, il en reste même sous la table, sans doute. Car qui a pu ou voulu se baisser à hauteur de la foi de cette femme ? Bien peu… et nous ? Or ces miettes ont suffi pour forcer l’admiration de Jésus par l’amour fou d’une mère qu’elles manifestaient. Qu’avons-nous fait de ces miettes en chemin ?
Jésus, toujours en chemin, regarde, voit, entend, écoute, s’arrête et enseigne : tant d’hommes et de femmes affamés et assoiffés le suivent. Des foules, et encore des foules. Tant de monde… semble dire Saint Marc. Quel sens aujourd’hui ?
Survient le soir, comme s’il n’était pas attendu, prévu, déjà revenu. Là encore, ce soir semble surprendre tout le monde la foule, les apôtres et même Jésus. Le soir les surprend tous. : le soir est là, le troisième soir. Gardons ces détails en mémoire d’amour, pour bond de miettes.
Depuis trois jours, tous mangent et boivent les paroles de Jésus. Lui, saisi de compassion, fait remarquer comme Marie à Cana : « Ils n’ont rien à manger » avant de se séparer. Il ne peut et ne veut les renvoyer le corps vide.
Jésus fait comme Marie, il parle aux disciples et les rend participant de l’évènement. Il leur demande de chercher, de compter… Puis, il ordonne avec bon sens : s’asseoir et apporter ce qu’il y a. Le miracle partira de la réalité bien pauvre, mais présente. C’est de ce qui est apporté, ce qui est partagé que jaillira l’abondance.
De sept pains et quelques poissons, une foule de plus de 4000 hommes se rassasie et il reste sept corbeilles. Tout semble comptabiliser si ce n’est la foi, l’amour, la faim, la consolation… bond d’amour non mesurable…
Des miettes aux morceaux qui restent, d’un récit à l’autre, d’un jour à l’autre, Jésus récolte la moisson du Royaume. Il nourrit et reçoit tous ceux qui sont là comme convives pour le festin annoncé.
Avons-nous faim, soif ?
Grave question du matin qui nous rejoint au secret du cœur. Mettons-nous, à notre tour – nous qui entendons cette Parole de Vie, au service de la faim des hommes et des femmes de notre temps, par la prière, le service fraternel, la foi audacieuse : bond de vie inouïe.
Le repos de trois jours au désert s’achève : aussitôt,
renvoyés rassasiés, sur la rive sept corbeilles de restes,
Jésus s’embarque aussitôt.
et vogue la Bonne Nouvelle : tous invités au festin des Noces !
