Donne-moi à boire !
Jésus a marché, il est écrasé de fatigue, assis, le grec dit même « avachi ». Sa mission le mange, lui pompe toute son énergie, tellement la passion du salut le brûle. Avachi au bord du puits, seul. Une femme arrive avec une cruche pour puiser de l’eau. La soif bien humaine de Jésus ouvre à une autre soif, celle du salut pour tous les hommes… Deux soifs qui se rencontrent au bord d’un puits. Deux soifs bien différentes mais deux soifs de passion…
« Donne-moi à boire ! » dit Jésus à la Samaritaine.
« J’ai soif ! » dira-t-il sur la Croix, au moment de mourir.
Jésus prend l’initiative de la rencontre, au bord du puits. Il demande de l’eau. La femme pressent que quelque chose n’est pas comme d’habitude, un juif ne s’adresse pas à une samaritaine… Que se passe-t-il ? Elle s’ouvre à l’inconnu. Et nous ?
Notre soif de chercheurs d’eau vive, est-elle prête à recevoir de l’eau jaillissante de vie nouvelle ? Où prendre le temps de nous asseoir pour nous laisser rencontrer ?
Deux mots vont transformer la soif de Jésus en soif du Christ, l’eau du puits en source jaillissante pour la vie éternelle et ainsi la femme perdue, pécheresse au cinq maris et un amant, en prophétesse libérée, pardonnée, renouvelée, en chercheurs cherchés de désir d’amour vrai.
Deux mots : « Moi, je suis ! » …
A ces mots, bien traduits, notre cœur ne peut que faire un bond… du puits de la Samaritaine, au buisson ardent, de l’eau au feu… « Je suis, celui qui suis ! »
Comment accueillir cette révélation de foi, du cœur profond ? Comment laisser le Christ ainsi apporter sa lumière intérieure de vérité qui bouleverse et retourne ? Lui est là, fatigué de nous chercher et montrant la Source de la vie, à adorer simplement… quel bond de foi et de liberté !
Adorer le Seul vrai Dieu, Celui qui vient à nous, prend chair de notre chair, pour nous revêtir du vêtement du salut où que nous soyons, quoi que nous fassions, acte offert aux chercheurs cherchés qui se laissent toucher, rencontrer, révéler…
« Donne-moi à boire ! » murmure au secret d’une margelle de puits : « Moi, je suis ! »
Laissons couler cette eau vive en nous aujourd’hui, et ce soir arrêtons-nous pour nous demander quel désert elle a traversé, irrigué, et peut-être quelle vérité elle a déjà fait fleurir…
Jésus, Sauveur, prends pitié de moi, pécheur !
