Encore la parole !
L’évangile de ce jour demande que l’on s’y arrête vraiment. Après le long récit de la guérison de l’aveugle de naissance, Jésus s’explique. Quelques mots reviennent comme « parole, envoyé, faire, vie, jugement, mort, Fils, Père, vous« . Ces mots sont même parfois composés, associés, conjugués en grec, et cela donne : résurrection de vie, jugement de mort, le Père fait la vie, le Fils fait la parole du Père , ou encore le Père fait la vie que l’on traduit par vivifie … Alors quels désirs réels ?
Or ce mot « faire » est lié à la résurrection, à l’amour, à la vie éternelle, qui passe par l’écoute de la parole par nous qui cherchons Dieu. Alors chercheurs cherchés ?
« Ecoute et fais ! Ecoute et mets en pratique ! » et dans ce cas pas de jugement… Ecouter, comment mettre ce verbe en action dans le plus petit iota du quotidien, en étant tenus par les deux Mains de Dieu ? Si nous en lâchons une… quel désir d’être rattrapés ?
Nous sommes ainsi conduits par un fil ténu mais fil de vie parce qu’il nous rejoint dans ce que nous sommes : fils nés de la Parole créatrice, fils sauvés par la Parole salvatrice, fils aimés d’un amour éternel pour une vie éternelle. Ce fil ténu, incassable ?
Le Fils se situe dans sa relation au Père et la révèle pour la partager, l’offrir, y faire participer. Chercheurs cherchés, comment écouter er faire pour vivre en greffés ?
Or ce verbe « faire » ne serait-il pas un puits d’espérance et même de joie ? Difficile de parler de joie et pourtant n’oubliions pas ce désir spirituel pascal, l’attente de la sainte Pâque.
Et petit rafraîchissement de notre mémoire, ce verbe faire, ce mot a donné en français poésie, poète… qui s’envole dans la création, l’infinie, l’inachevé, l’espace de créativité, d’inventivité personnelle, de nouveauté… puits d’espérance tangible.
Accueillir ce mot de poésie, que l’on peut traduire par donner la vie, participer à l’œuvre de résurrection de vie largement fera peut-être fleurir quelques bourgeons au quotidien de nos vies… sur les branches de nos moindres faits et gestes qui deviendront alors poèmes…
Le Père fait, le Fils fait pareillement,
Ils nous cherchent pour poétiser en nous…
A nous de devenir poèmes !
