De la tristesse à la joie !
Lendemain de l’Ascension et début de la neuvaine à l’Esprit Saint, traditionnelle grande invocation de l’Esprit. Comment l’actualiser et la faire nôtre ? Prière à l’Esprit, chants, ou un livre à méditer… inventons notre chemin en mettant nos pas dans la foule des grands intercesseurs, grands pneumatophores…
La liturgie quotidienne reprend la méditation de l’Evangile selon saint Jean : « Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie !«
Nous retrouvons donc Jésus préparant ses disciples à son départ. Il le fait sans ménagement, avec un grand réalisme : tristesse, douleur, angoisse même. Celles de la femme qui enfante.
Ne passons pas trop vite sur cette comparaison ! Quelle profonde humanité et quelle connaissance de la vie en quelques mots ! Jésus, le Fils de Dieu, au moment d’être arrêté, de souffrir sa Passion, pressentant la mort, vibre pour les siens et les voit, dans les souffrances d’une femme qui enfante. Tout son être pressent, dans ses moindres fibres cette douleur bien indescriptible, déjà par pudeur et encore par manque de mots suffisants.
C’est lui qui meurt et c’est eux qui souffrent de la souffrance d’un enfantement. Les disciples vont connaître les douleurs de l’enfantement qui lui semblent familières. Douleurs qui se transforment en joie ! Joie d’une naissance, joie d’un don inouï car vie nouvelle. Comment entendons-nous ce passage à vivre ? Quelles expériences pour nous ?
Les disciples ne peuvent comprendre ce passage, mais après la Pentecôte, Jean saura méditer ces événements et nous y introduire.
Au lendemain de l’Ascension, à nous de passer de la tristesse à la joie, long travail de l’Esprit.
Neuf jours pour nous laisser engendrer de nouveau, pour quitter notre robe de tristesse et revêtir l’homme nouveau, le Christ par l’engendrement de l’Esprit. Neuf jours pour laisser les larmes buriner notre cœur et notre chair et les transformer pour les rendre réceptacles de l’Inouï, qui ne contient pas….
Préparons notre cœur à la joie de l’Esprit de manière sobre, simple, naturelle comme une femme attend l’heure de la délivrance, le cœur palpitant, en s’activant pour accueillir son enfant à naître ! Elle prépare tout, range tout, se libère de tout pour l’essentiel : faire de la place, faire toute la place, donner la vie.
Comment préparer notre cœur ? Par tout ce que nous disons, par tout ce que nous faisons, en nous appuyant sur Celui qui demeure en nous. Respirons son souffle, expirons-le et vivons de sa présence. Alors, une réelle joie naîtra en nous et autour de nous, des braises de vraie joie, celle de l’Esprit…
Viens Esprit Créateur,
verse ta grâce en abondance,
dans les cœurs que tu as créés
que tu recrées pour la Joie !
