Marie, Mère de l’Église !
Au lendemain de la fête de la Pentecôte, un nouvel arrêt « sur image », une nouvelle pause, l’Église fait mémoire de Marie, Mère de l’Église car Mère de Jésus. Marie, présente au pied de la Croix, présente au Cénacle. Et nous voilà repartis au pied de la Croix, illuminés par la prière au Cénacle.
Oui, approchons-nous de ce mystère du silence, à deux visages, bien loin d’être à deux temps… difficile de ne pas le penser car pour Marie, deux temps bien marqués dans le chronos, dans la linéarité. Pour nous tout autre apparaissent ces évènements, porteur d’une vérité essentielle. Pour l’heure, laissons nous rejoindre par cet affrontement à la souffrance, à l’échec et par l’accueil de l’espérance, de la joie.
La première lecture tirée des Actes des Apôtres montre Marie au Cénacle en prière dans l’attente : présente dans l’espérance après la terrible épreuve de la Mort sur la Croix de son Fils et la parole méditée, entendue, comme mâchée, ruminée, inlassablement ramenée à la mémoire du cœur.
« Près de la Croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie-Madeleine » précise saint Jean dans le récit de la mort du Christ.
Trois femmes se tiennent là, au pied de la Croix. Trois femmes ensemble, tenant debout, se tenant, se soutenant :
pour retenir la vie,
pour tenir le souffle ultime du Fils, crucifié,
pour retenir du Fils le souffle de la Vie,
pour soutenir les fils d’humanité en leur chemin de croix.
Aujourd’hui, tant de femmes se tournent vers Marie pour tenir, pour soutenir l’humanité souffrante, pour retenir ce souffle de vie à peine audible, à peine vivant… N’est-ce pas là le véritable visage de l’Église, le Corps de son Fils ressuscité ? Alors quels traits porte-t-il ? Quels traits révèle-t-il ? Et les nôtres, nos traits où sont-ils ?
Aujourd’hui, l’Église est envoyée proclamer les merveilles de Dieu, dans un monde cassé, meurtri, sourd et aveuglé. Et pourtant, pas abandonné. Marie accompagne chacun de ses enfants, ceux que son Fils lui a remis : « Femme, voici ton fils ! » A ses frères, non seulement Jésus remet sa Mère : « Voici, ta mère » mais dit encore : « J’ai vaincu le monde, n’ayez plus peur ! »
Peut-être saurons-nous être aussi ce disciple que Jésus aime et à qui il demande d’accueillir simplement la vie qui passe dans les vivants qui souffrent ? Peut-être saurons-nous entendre l’un ou l’autre de nos frères murmurer : « voici ton fils » ? Peut-être saurons-nous être ce cœur vibrant qui s’ouvre à l’inouï d’une parole glissée à l’oreille du cœur : « Faites tout ce qu’il vous dira ! »
« Voici ton fils ! » : Marie, Mère de l’Église,
apprends nous à être d’Église et à devenir mère !
« Voici ta mère ! » : Jésus, Fils de Marie,
apprends-nous à accueillir Marie, ta Mère
et à devenir fils et filles de Dieu, membres vivants de l’Église !
