Attention requise !
Pour une fois, partons de la fin pour entrer et comprendre ce qui se joue dans cette parabole qui fait frémir tout au long du récit. Un long récit plein de détails donnés par Jésus qui semble prendre son temps pour faire passer un message fondateur. Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.
Une vive tension naît récit faisant. Le nombre de serviteurs envoyés, le drame monte, s’amplifie. Comment le recevons-nous ?
La violence est là, palpable, prête à faire victime. En percevons-nous quelques mécanismes à travers la vie de Jésus ?
De quoi s’agit-il aujourd’hui dans cette histoire que Jésus invente pour faire passer un message ?
Les vignerons ne sont pas propriétaires de la vigne dans laquelle ils travaillent, de laquelle ils vivent, pour laquelle ils se donnent corps et âme. En bons gérants, ils doivent remettre au propriétaire ce qui lui est dû. L’instinct de propriété se réveille, il les fait dévier de leur vérité d’être . La vigne n’est pas à eux. Ils n’en sont pas propriétaires et donc ne peuvent garder pour eux la totalité de ses fruits. Un sorte de mensonge s’insinue alors dans leur cœur et les voilà qui passent insensiblement de bons gérants à gérants qui s’approprient et donc volent puis se mettre à faire violence jusqu’à tuer.
Comment ce crescendo ne réveille-t-il pas les auditeurs de la parabole au bon endroit ? En ce lieu de création, de vérité de leur être ? La violence crescendo se déchaine en instinct meurtrier qui aveugle . Plus rien ne compte que la volonté de posséder, plus rien ne compte pas même une vie, des vies. Il ne s’agit alors que de posséder, que d’avoir, que d’être maître d’un domaine. Un domaine ! Lequel donc au fait ? Juste une vigne au regard de vies ?
Jésus fait monter la tension dramatique, jusqu’à mettre en scène l’envoi du Fils unique, l’héritier. De qui parle-t-il alors ? Cette parabole aux intentions de qui ? Quelle couleur prend-elle ?
Si cette vigne est la création, Une parabole aux intentions de qui ?
Si cette vigne est l’alliance, Une parabole aux intentions de qui ?
Si cette vigne est la Parole de Dieu, Une parabole aux intentions de qui ?
Si cette vigne est la Bonne Nouvelle, Une parabole aux intentions de qui ?
Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent. Les chefs du peuple ont saisi en fait et impuissants, se retirent. Pour le moment, ils s’en vont, font dos à la vérité que Jésus est.
Etonnamment, la tension ne diminue pas. Cette parabole ne se termine pas par le départ des chefs du peuple. Lourd silence, lourde attente, lourde menace. Où cette parabole nous rejoint-elle, aujourd’hui au lendemain de la fête de la Trinité, nous qui sommes toujours dans la lumière de Pâques et de la Pentecôte ?
La parabole à notre intention ? Chacun de nous n’est-il pas un vigneron d’une vigne ? Comment alors entendre cet appel ?
Qui que nous soyons, nous ne sommes que vignerons, non-propriétaires. Comment ajuster notre aujourd’hui à notre être reçu de Dieu ?
La vie nous est donnée, la faire fructifier et en remettre les fruits au Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, n’est-ce pas là, le chemin de la liberté du cœur, de la joie parfaite, celle d’être enfants de Dieu ?
Une parabole aux intentions de qui ?
A notre attention, n’en doutons pas !
Enfants de Dieu, nous le sommes !
« Quelle joie quand on m’a dit, nous irons à la maison du Seigneur ! »
