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Le prendre au piège !

Depuis la reprise du temps dit « ordinaire », toujours illuminés par le Feu pascal et les Flammes de la Pentecôte, renouvelés dans la connaissance du dessein d’amour de Dieu, envoyés comme témoins de la Bonne Nouvelle du salut, le retour à la vie publique de Jésus interpelle, déchire les certitudes, brûle les illusions. L’aventure humaine est toujours en chemin.

Et quel chemin ! Quelle aventure ? Ce n’est pas du passé, le royaume c’est aujourd’hui avec la Parole et l’Esprit, qui poursuivent l’œuvre de salut pour tous. Alors oui, Jésus ressuscité parcourt nos vies et sa vie terrestre trouve écho dans nos vies d’aujourd’hui. Comment ? Que vivre de cette rencontre ?
« On envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler… »

On pourrait bien dire ce matin « pauvre Jésus  » !
Que de complots, de mensonges autour de lui, que de filets tendus, que de pièges habilement dressés et pourtant, lui va son chemin, chemin, de simplicité, chemin de vérité, chemin de libération. Aujourd’hui, quels pièges tendus de la même manière ? En faisant parler les disciples que nous sommes …

Jésus ne se retire pas du monde, il déplace les personnes pour poursuivre sa route d’annonce de la bonne nouvelle : les pauvres sont libérés, ils reçoivent le message de vie et d’amour. Ils sont précieux pour Dieu.

Bonne Nouvelle qui n’est pas accueillie par tous. Jésus dérange ceux qui devraient pourtant écouter, accueillir, recueillir ses paroles. Il connait leur hypocrisie, il sait qu’ils sont venus le mettre à l’épreuve. Le mal est en route depuis l’origine et prend toujours allure de mensonge, d’hypocrisie. Ce mal semble courir derrière le bien et vouloir le saisir, le détruire. La mort a été engloutie par la vie… Comment résister à ce tourbillon d’hypocrisie ?

jésus écarte le piège par une question qui met ses auditeurs en déroute, et donc en route : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Jésus fait face astucieusement, en vérité.
A question directe et simple, réponse vraie : « A César ! » Tout est dit, sans violence, sans méchanceté, avec justesse et force, calme, désarmante. Une parole de vie sort de sa bouche : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! »

Chacun est ainsi renvoyé à sa destinée première, à son être profond et les auditeurs sont alors « remplis d’étonnement à son sujet. » Laissons ces mots résonner et faire leur chemin en nos vies.

Et pour nous ? Deux pistes peut-être très concrètes
– la vérité de nos paroles. Elles reflètent les multiples plis de notre cœur d’homme. Quelles paroles nous habitent ? Sont-elles pièges pour les autres ? Sont-elles échos de la Parole qui nous habite ?
Notre effigie ? Nos noms ne sont-ils pas inscrits dans le cœur de Dieu ?  Frappés au coin de la divinité, créés par Dieu, appelés à devenir fils, filles de Dieu dans l’Esprit, comment rendre à Dieu ce qui est à Dieu ?

pour écouter le billet https://www.benedictines-ste-bathilde.fr/wp-content/uploads/2026/05/le-prendre-au-piege.mp3