Quel regard ?
De l’apparat à l’obole … un pas de géant à faire simplement en écoutant Jésus.
Au Temple, il continue d’enseigner et là, il fustige les scribes vêtus de tous leurs apparats. Ils semblent danser ou faire danser leurs richesses extérieures devant le peuple subjugué. Alors Jésus fait tomber la mascarade. Il ne mâche pas ses mots et les met en garde. Sa description saisit et n’a pu laisser les scribes insensibles. Mais st Marc fait silence sur leurs réactions, il déporte le regard sur une autre scène dans ce même Temple.
Jésus, assis, regarde et voit l’obole d’une pauvre veuve. Il ne peut garder cela pour lui seul et appelle ses disciples.
Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Difficile d’entendre de tels mots, pourtant sortis de la bouche du Fils, au Temple. Jésus a une intention bien particulière puisque il a vu seul la pauvre veuve mettre son obole et veut le dire aux disciples, sur le champ.
Jésus regarde le « comment » et non la quantité. « Il regardait comment la foule y mettait de l’argent. » Nouveau détail qui fait allumette. Cette pauvre obole c’est le tout de la femme, pas le superflu. Le tout versé secrètement dans le tronc, pour honorer Dieu. Le tout déposé librement, par amour. Jésus ne peut que vibrer à ce geste qui anticipe le sien. Il est comme engendré par cette veuve à l’obole remarquable. Il éduque alors le regard des disciples. Une flamme de vérité dans le tronc de la vie.
Comment Jésus peut-il savoir que cette pauvre veuve a donné tout ce qu’elle avait pour vivre ? Dans sa manière de donner.
L’être humain peut encore se posséder, même en donnant tout. Jésus voit la pureté de ce geste et ouvre le regard de ses disciples.
C’est le regard d’un autre qui soutient et authentifie le don désintéressé, le don gratuit, celui qui ne compte pas, qui ne cherche ni gratification, ni mérite, ni calcul, ni autojustification, ni dédouanement. Interrogeons-nous donc sur le « comment » de ce que nous faisons, sur nos intentions.
S’agit-il simplement d’un don, d’un partage, d’une obole qui peut aller jusqu’à tout donner, jusqu’à se donner ?
De l’apparat à l’obole, long chemin de vérité qui dépouille en rendant heureux… de l’admiration des autres, passagère, extérieure, à la reconnaissance filiale, par le regard purifié et le cœur assoiffé, alors la vie peut s’ouvrir aux autres, simplement, en les regardant avec des yeux nouveaux, sans crainte de leur regard, par peur d’être jugés bons ou mauvais. Liberté de fils au seuil du Temple. Liberté de Seuil.
Sous le regard de Jésus,
mettons notre cœur à l’unissons du sien,
nos yeux, nos mains s’ouvriront,
notre vie basculera en « Obole vraie » !
