Sacré Coeur !
Grande Solennité en ce vendredi de juin : l’Eglise invite à contempler le Cœur transpercé du Christ. Dévotion qui plonge dans le silence de l’amour fou, gratuit, sans autre mot que le Sang qui coule et qui devient Vie éternelle. Contemplation qui crie plus fort que nos mots et surtout que les armes. Cœur ouvert, apaisé, apaisant, désarmé, désarmant.
L’évangile, Bonne Nouvelle, ouvre son écrin : Jésus conduit ses auditeurs, ses disciples, sur un chemin de crête de plus en plus étroit, jusqu’au chas d’une aiguille : la louange au Père qui jaillit de son cœur de Fils.
Pour l’heure, il s’agit de s’alléger d’abord la conscience, sans pour autant se dérober à une prise de conscience exigeante, éclairée, libérante : il suffit de déposer son fardeau sur celui du Fils et d’oser croire que là est le repos : repos en Dieu sur la poitrine du Fils. Repos n’est ni abandon, ni sommeil, mais consentement, lâcher prise, pour recevoir le Fils lui-même.
Alors, oui, nous comprenons la nécessité d’une profonde désappropriation, celle de vouloir connaître le Père. Le Fils révèle le Père, dans une dynamique de louange chantée par l’Esprit que son Cœur transpercé révèle totalement. Aucune main mise et encore moins, aucun appui pour s’élever, dominer, mais au contraire, lumière du point de faille.
Ce n’est pas « terre ! terre ! » mais « Cœur ! Cœur ! » que crie le vigile. Cœur du mystère d’amour, cœur de notre vie même : l’amour débordant de Dieu pour chaque être humain. Où est notre cœur ?
Qui dit trésor au ciel dit trésor du cœur, trésors de grâces, semences mystérieuses invisibles, légères mais si fécondes versé en abondance du tablier du Cœur transpercé vers notre tablier, à cœur ouvert.
d’abord, trésor de grâces enfouies dans le cœur ouvert,
d’abord, trésor de grâces semées au secret du cœur,
d’abord, trésor de grâces gonflées d’amour infini,
d’abord, trésor de grâces porteuses de fraternité,
d’abord, trésor de grâces joyeuses de reconnaissance,
d’abord, trésor de grâces chargées de douceur et d’humilité.
A nous de tourner le regard vers les yeux de nos plus proches, le ciel n’y est-il pas gravé à perte de vue, à perte de cœur, à perte de grâces ? Ne serait-ce pas par là, que la louange prend corps et que le Fils révèle le Père ? Contemplons à cœur ouvert, dans ce Cœur à cœur, et nos cœurs à cœurs à découvert.
Du Cœur du Fils au cœur des frères,
un pas pour aujourd’hui : d’abord,
les yeux lavés, purifiés, émerveillés !
